Test match - France-Japon, le dernier combat !

  • Lors du premier test-match à Toyota (42-23), les coéquipiers de Charles Ollivon avaient mis longtemps avant de finalement se dépaître de la bête japonaise.
    Lors du premier test-match à Toyota (42-23), les coéquipiers de Charles Ollivon avaient mis longtemps avant de finalement se dépaître de la bête japonaise. Icon Sport - Icon Sport
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Japon - France - Lors du premier test-match à Toyota (42-23), les coéquipiers de Charles Ollivon avaient mis longtemps avant de finalement se dépaître de la bête japonaise. Cette fois-ci ? Au combat, garçons !

Nous est venu une fulgurance, l’autre jour, en taillant la bavette avec Yugo Tamaka, un businessman de Kyushu qui, pour avoir vécu deux ans à Mâcon, avait un peu plus que des « notions » de Français. Dans le train qui nous conduisait de Toyota City à Nagoya, Tamaka nous disait : « Les Japonais respectent énormément l’équipe de France. Personnellement, j’ai assisté par hasard à un match de la tournée de 1984. Ce fut pour moi une révélation. En quelque sorte, ce sont Serge Blanco et Philippe Sella qui m’ont fait aimer le rugby. » L’hommage est sincère, beau comme un poème.

Mais le « respect » que vouent tant de Japonais à l’histoire de la sélection tricolore ne dessert-il finalement pas les desseins des Brave Blossoms ? Ceux-ci sont-ils trop polis, trop révérencieux ou alors trop soucieux de l’image qu’ils renverront à ces étrangers dont ils sont les hôtes, lorsqu’ils les affrontent ?

Ce n’est qu’une idée, « un éclair » pour emprunter au dictionnaire de Fabien Galthié. Mais le premier test de Toyota nous a indéniablement laissé cette impression bizarre et ce constat posé, on ne sait pas vraiment comment les damoiseaux de Jamie Joseph pourront relever la tête à Tokyo si d’agneaux, ils ne se changent pas rapidement en loups. à ce sujet, un Tricolore nous disait en début de semaine : « À Toyota, on avait parfois l’impression que les Japonais s’arrêtaient avant de nous faire mal. Là-bas, seuls leurs étrangers, comme le centre australien (Dylan Riley) ou le deuxième ligne sud-af’ (Wimpie van der Walt), appuyaient vraiment leurs plaquages et entraient pour te meurtrir. »

Autour de l’arène, les 30 000 personnes du Toyota Stadium nous firent peu ou proue la même impression, applaudissant avec un enthousiasme non feint les essais français, saluant les décisions de l’arbitre, respectant à la lettre les consignes selon lesquelles on ne doit pas crier dans un stade, en période Covid.

Au vrai, l’expérience de samedi dernier -qui n’est peut-être qu’une vue de l’esprit, après tout- nous renvoya malgrè nous au stade Michelin dans les années 2000, à l’époque où Brock James foirait les coups de pied importants sous les perpétuels encouragements de l’armée jaune et qu’un soir de « lose », en tribunes, on avait alors lancé à un collègue : « Ils sont vraiment exemplaires, les supporters clermontois. » Lui nous avait répondu, un poil cynique : « Tu ne comprends rien. à Marseille, Brock James aurait reçu des pierres. La gentillesse ne mène à rien, en sport. » Et les salauds dorment en paix, alors ?

Les clés pour détruire le jeu japonais

Bonnes mœurs ou pas, toujours est-il qu’il reste un dernier test à disputer, jeunes gens. Une ultime bataille avant la quille. Un dernier shoot d’adrénaline avant d’abandonner votre pays aux après-midi de haute montagne et à la boulimie de Tadej Pogacar. Pour vous, pour nous et pour la douzaine de mecs vous ayant accompagnés au bout du monde pour porter des boucliers et enfiler les mauvaises chasubles, il faut samedi anéantir la bête blessée.

Pour égaler le record de dix victoires consécutives réalisé par les Bleus des années 30 et marquer l’histoire comme vous-seuls pouvez le faire, il faut tuer dans l’œuf le vent de révolte qui poussera nécessairement ces Japonais, après la fessée que l’on sait. Et si, après les quarante points de Toyota, vous avez encore besoin d’activer d’autres leviers de motivation, rappelez-vous que votre première mi-temps, samedi dernier, fut loin d’être maîtrisée ou enthousiasmante et qu’en tout état de cause, vous vous devez aujourd’hui une revanche…

Hé quoi ? La bande à Ollivon avait beau avoir l’expérience collective d’une équipe corpo samedi dernier, on en attendait malgrè tout davantage. Le sélectionneur aussi, d’ailleurs. « Lors du premier test, expliquait Galthié le jour du debrief’, on a dénombré huit fautes dans la zone allant des 22 mètres adverses aux nôtres et c’est évidememnt beaucoup trop : parce que des pénalités à cet endroit du terrain se transforment forcément en pénaltouche et qu’au niveau international, 70 % de celles-ci se transforment en essais. » Au niveau purement défensif, cette fois-ci, le XV de France devra également monter en gamme et à ce sujet, Galthié poussait l’analyse un peu plus loin : « à Toyota City, nous avons attaqué 30 rucks sur 76 et c’est beaucoup trop. L’équipe qui joue d’habitude (hormis Ollivon, Penaud et Jaminet, tous les joueurs dits « premium » sont au repos, N.DL.R.) sait cibler les rucks qu’elle doit attaquer ou pas. Là, par faute d’expérience, on a combattu trop souvent au sol pour récupérer seulement cinq ballons, ce qui a ensuite desservi notre jeu d’attaque et notre défense en ligne. »

À plusieurs reprises, samedi, on put ainsi constater ses carences en soldats français auprès des rucks, une zone où les joueurs Japonais (dont le très élégant Ryohei Yamanaka, arrière de son état) parvinrent à créer plusieurs brèches.

Tanga-Mangene, un « numérobis » crédible

Quoi d’autre, alors ? Fabien Galthié est évidemment conscient qu’en ayant laissé ses cinq meilleurs gratteurs au pays (Uini Atonio, Julien Marchand, Gabin Villière, Grégory Alldritt et Jonathan Danty) et en ne sélectionnant au Japon le moindre pillard de ballons (seul Pierre Bourgarit excelle au sol, dans cette équipe), il s’est délibérément tiré une balle dans le pied et qu’en temps normal, les Nippons n’auraient pas survécu vingt minutes si leur jeu, aussi rythmé soit-il, avait été confronté aux habituels « chiens de talus» tricolores. à l’été 2022, Yoan Tanga, qui a longtemps joué flanker et excelle au « grattage » en Top 14, doit prouver au staff des Bleus que malgrè un déficit de puissance par rapport au maître Greg Alldritt, il a pour lui d’autres armes et, sur la lancée d’un premier test réussi, confirmer qu’il est à ce jour un « numérobis » crédible.

D’autres, tels Matthis Lebel ou Virimi Vakatawa, jouent tout aussi gros. Dès lors ? Quoi qu’il se passe pour vous, messieurs, et aussi planante fut jusqu’ici, pour nous tous, la saison du XV de France, ne foirez pas votre sortie de scène. Parce qu’on serait assez cons pour ne retenir qu’elle…

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