Top 14 - Saga UBB : Recette modifiée, meilleure cuvée espérée

  • Les Bordélo-Bèglais ont profité de l’intersaison pour identifier les petites carences qui ont conduit à l’élimination du club en demi-finale du dernier championnat de France. Voilà les joueurs de l’UBB prêts à affronter le nouvel exercice.
    Les Bordélo-Bèglais ont profité de l’intersaison pour identifier les petites carences qui ont conduit à l’élimination du club en demi-finale du dernier championnat de France. Voilà les joueurs de l’UBB prêts à affronter le nouvel exercice. Photo UBB - Photo UBB
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Après la crise de la fin de saison passée, les Bordelo-béglais se sont expliqués en ce début de préparation. De l’aveu des joueurs, Christophe Urios a même pris un virage dans sa manière de manager le groupe. Ces prochains mois, les Girondins seront davantage responsabilisés.

On prend les mêmes, et on recommence. Ou presque. Depuis l’arrivée de Christophe Urios en 2019, l’Union Bordeaux-Bègles a changé de dimension. Aujourd’hui, le club girondin est devenu un membre récurrent du top 4 Français. Sans pour autant parvenir à garnir son armoire à trophées. « On avance, on grandit, mais on n’est pas encore un club de champions », assure Urios avec son parler caractéristique.

La chose s’est vérifiée en fin de saison dernière lorsque, empêtrée dans des tensions entre le manager et les joueurs survenues suite à une défaite contre l’Usap, l’équipe s’est retrouvée en pleine crise, sans pouvoir la surmonter. D’énièmes punchlines d’Urios aux déclarations piquantes de Matthieu Jalibert, en passant par une célébration provocatrice de Cameron Woki en barrage, le club est passé par tous les états. Le patron sportif bordelais, lui, s’est clairement « fait ch… », et finalement, ses joueurs ont concédé face à Montpellier leur quatrième échec en demi-finales sur les deux dernières années, toutes compétitions confondues.
Alors, au cours des cinq semaines de vacances ayant suivi une saison harassante, cette énième désillusion a fait mûrir l’idée d’un nouveau fonctionnement. Sans modifier toute la recette, sans non plus chambouler l’effectif et l’encadrement, Bordeaux souhaite se changer. En clair, Urios ne veut pas (ou plus) des « poules qui participent », mais « des cochons qui s’engagent » : « J’ai repensé ma façon de travailler avec mon staff. Je vais chercher à développer cette responsabilité, c’est-à-dire, le fait de reconnaître que la balle est dans ton camp. Je veux que les mecs soient engagés, authentiques, qu’ils parlent vrai. Ça sera mon grand défi. »

« Je veux que les mecs soient authentiques »

Histoire de repartir du bon pied après une fin de saison électrique, la journée de reprise à Moga, le 25 juillet, fut donc largement placée sous le signe des explications. « Le staff avait vraiment anticipé le retour à l’entraînement, avec une belle mise au point pour tout le monde, explique le pilier Jefferson Poirot, au club depuis dix ans. Le premier jour, les coachs ont été capables de reconnaître leurs erreurs. Par exemple, sur la gestion des entraînements et des charges de travail à certains moments de la saison. Au niveau des joueurs, on a reconnu des torts sur ce qui relève de la cohésion d’équipe. Parfois, on aurait aussi pu en faire plus. On n’a pas forcément toujours mis la rigueur nécessaire. » En amateur de vins, le coach Urios a donc ajusté la recette qui fut présentée aux joueurs il y a quelques jours. « Globalement, on va essayer de nous amener le plus possible vers de l’autonomie, note l’ex-international Poirot. Aujourd’hui, on a peut-être un fonctionnement où les joueurs attendent trop du staff. C’est un défaut. On va essayer de travailler plus en collaboration avec lui, voire en véritable autonomie sur certaines périodes. »

« Le changement de fonctionnement est nécessaire »

De manière moins bourrine que ce qu’il avait fait en piquant ces leaders au mois de juin dernier, Urios veut créer une sorte d’électrochoc dans son groupe, devant l’amener au plus près d’un premier trophée. Comme il le répète parfois à ses joueurs, « pourquoi les choses changeraient, si on ne change pas ? » En effet, pas question de voir la frontière entre régularité des résultats et stagnation sportive se flouter. « Je pense que ce changement de fonctionnement est nécessaire. On arrive quand même sur la quatrième année d’un cycle, et on en est au même stade depuis trois ans, lance Jeff Poirot d’un ton assuré. Là, on va tenter une évolution dans la méthode qui a marché jusqu’à présent, puisqu’elle nous a emmenés plusieurs fois en phases finales. Il y a juste besoin d’un tout petit plus pour passer à l’échelle supérieure. La prise de responsabilités des joueurs, leur implication totale, est sûrement l’une des clés pour aller plus loin. » Et ainsi permettre à Bordeaux de livrer sa meilleure cuvée.

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Dorian Vidal
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