Perpignan : Halanukonuka, la force très tranquille

  • Siua Halanukonuka est un joueur terriblement important pour l’Usap. Photo Icon Sport
    Siua Halanukonuka est un joueur terriblement important pour l’Usap. Photo Icon Sport
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Pour venir à bout de Brive, dans un match déjà capital, l’Usap pourra compter sur la force de Siua Halanukonuka, pilier droit atypique, au parcours étonnant.

Que ce soit pour son nom, son look ou son parcours, Siua Halanukonuka attise inévitablement la curiosité. Passé la surprise de la découverte de l’énergumène, un constat s’impose : le pilier tongien, arrivé en 2020 en Catalogne, fait figure de valeurs sûres au poste de pilier droit en Top 14. "C’est loin d’être celui qui fait le plus de bruit mais il est un joueur clé pour nous", avance Perry Freshwater, le maître d’œuvre de la mêlée sang et or.

Depuis une petite décennie, l’ancien pilier du XV de la Rose suit, du coin de l’œil, la drôle d’odyssée du natif de Tofoa : "C’est une énigme, en quelque sorte. Il avait joué avec les Tasman Makos en NPC, une des équipes les plus performantes de Nouvelle-Zélande. Puis il avait atterri à Narbonne un jour. C’était un inconnu, il était arrivé avec son sac à dos. Il a joué le chauffeur pour Jerry Collins, ils étaient devenus très bons potes, il l’amenait partout. Il est rapidement reparti en Nouvelle-Zélande et a réalisé deux très belles saisons avec les Highlanders en Super Rugby. Puis il a signé à Glasgow."

"Il avait explosé Mako Vunipola"

En Écosse, sa notoriété encore confidentielle a connu un soudain coup de projecteur : "J’avais été marqué par sa performance face aux Saracens en Coupe d’Europe. Ça m’avait sauté aux yeux ce jour-là. Il y avait Mako Vunipola en face. Il l’avait explosé." Alors, quand, à l’été 2020, le Tongien répond favorablement à la proposition de l’Usap, Perry Freshwater s’est frotté les mains : "C’est un très, très bon joueur. J’étais vraiment ravi qu’il veuille bien venir chez nous."

En deux saisons passées à Aimé-Giral, Siua Halanukonuka a tenu ses promesses : il cale la mêlée tout en faisant parler, de temps à autre, sa puissance dans le jeu courant. "C’est une bête avec une énorme tête, ce qui doit l’aider, un dos très large et une telle force naturelle. En plus, il a une très bonne technique, un très bon timing. Il a envie d’avancer sur chaque mêlée. Ça peut lui arriver de se faire prendre mais pas deux fois d’affilée. Les Palois l’ont un peu fait mais c’est rare." En Catalogne, l’international aux treize sélections a été adopté pour ses performances mais aussi pour son comportement : "C’est difficile de lui faire dire trois mots mais j’arrive à bien communiquer avec lui. C’est un mec en or, qui passe bien avec tout le monde. Il va souvent chez Kisi Pulu boire du kava, discuter des heures. À l’entraînement, quand tu lui demandes de faire un truc, il le fait sans souci. Avant, à droite, on avait Alex Brown qui voulait que le deuxième ligne se mette comme ça, qu’il se décale… Lui, il s’en fout de tout ça."

Ainsi va et vit Siua Halanukonuka, qui a soufflé ses 36 bougies ce jeudi mais qui paraît avoir encore de beaux jours et de bonnes mêlées devant lui : "Les droitiers, c’est à part. Quand on voit encore comment Cobilas est performant à 40 ans. Siua, il faut bien le gérer tout de même et ne pas le faire courir partout pendant la semaine. Il est tellement important pour nous."

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