Pro D2 - Soyaux-Angoulême comme à l’entraînement !

  • Sikeli Nobu a pris le ballon sous le bras, sonnant la charge dans l’élaboration d’un jeu à zéro passe
    Sikeli Nobu a pris le ballon sous le bras, sonnant la charge dans l’élaboration d’un jeu à zéro passe Icon Sport - Icon Sport
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Les Angoumoisins ont remporté ce match essentiel en tirant les leçons d'un exercice d'entraînement organisé quelques jours auparavant.

Au terme de ce match des promus assez pathétique pendant quarante minutes, entre deux équipes débutant plutôt mollement dans le souci de ne pas se dévoiler, une grande leçon existentielle a été rappelée à tous par les Angoumoisins. Le travail, quand il est associé à un heureux hasard, est une source de miracle. Dans leur bonheur de rescapés tirés du fond d’un puits, l’heureux hasard a tenu à la réaction puérile de l’ailier massicois Kimani Sitauti, venu provoquer une algarade complètement inutile. Son équipe avait complètement renversé les débats en sa faveur. L’arrière francilien Adrien Clouté venait juste de trouver une touche dans une merveille de 50/22. Il restait cinq minutes à jouer, Massy qui tenait son match six points devant son adversaire, allait bénéficier d’un lancer à quinze mètres de la ligne angoumoisine, et pouvait clore les débats. À défaut, rester dans le camp adverse. Et pourquoi ce diable de Sitauti, par ailleurs plutôt excellent, est-il venu par provocation arracher ce ballon dans les mains de son vis-à-vis, que jamais il n’aurait converti en touche rapide ? Les gens ont des idées parfois… Sur cette anicroche de benjamin, l’arbitre Chérèque, comme il l‘avait déjà fait à quelques reprises au cours de la partie, a cru bon de faire valoir une morale de justiciable un peu étriquée, sifflant une pénalité pour Angoulême. Et voilà comment de cette circonstance heureuse, les Angoumoisins ont tiré les conditions de leur succès, dans des termes qu’ils avaient travaillés minutieusement à l’entraînement. « C’est un clin d’œil du destin », dira leur entraîneur Tanguy Kerdrain, presque gêné du sort fatidique réservé aux vaincus.

Et Nabou sonna la charge

À l’entraînement en opposition réelle, quelques jours avant ce succès sorti d’outre-tombe, le staff d’Angoulême avait organisé une séance d’affrontement dans un imaginaire de forte tension. Il devait rester cinq minutes à jouer, et six points de retard à rattraper, dans un exercice complètement prémonitoire. La séance n’avait pas atteint son but. Mauvaise sortie de camp, précipitation en tous genres, tous les éléments de la panique malveillante avaient poussé l’exercice jusque vers un échec. De là est née la réflexion de la jouer autrement si la situation devait survenir. Et c’est pourquoi sur la dernière pénalité récoltée devant la ligne massicoise, malgré leur supériorité numérique, plutôt que de choisir une mêlée ou une touche, et de soumettre leur destin aux aléas de ces exercices, l’excellent capitaine Sikeli Nobu a pris le ballon sous le bras, sonnant la charge dans l’élaboration d’un jeu à zéro passe. Bingo, dans une parfaite maîtrise de leurs nerfs, sur leur expérience acquise lors de leur échec préparatoire, les joueurs d’Angoulême sont venus coiffer sur le poteau cette équipe de Massy, qui les avait pourtant largement dominés lors des vingt dernières minutes. Une victoire du caractère et du respect du projet de jeu, exercée en exploitant tous les recoins de la limite humaine, dans laquelle chaque coup de sifflet bizarre offre réellement une occasion de sauver sa peau.

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Guillaume CYPRIEN
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