• Camille Lopez tente d'échapper à Vincent Rattez
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Challenge Cup

La Rochelle - Clermont, David(s) contre Goliath(s)

Face à l’athlétique ligne de trois-quarts clermontoise, les lutins rochelais miseront sur leurs appuis et leur vivacité pour trouver quelques espaces. Mission impossible ? Peut-être pas, à condition pour les Maritimes de conserver parfaitement leurs munitions, en conquête et dans les rucks.

Une fois n’est pas coutume, il ne s’agira pas de parler d’opposition de styles au sujet de ce Clermont - La Rochelle. Du moins, pas de prime abord… Comment pourrait-il en être autrement, au juste ? Voilà bien cinq saisons, soit depuis l’arrivée de Xaver Garbajosa aux commandes de ses trois-quarts, que le Stade rochelais a choisi d’imposer un projet de jeu total, aux ambitions calquées sur le modèle de développement clermontois. Un parallèle qui s’est accentué avec les arrivées progressives d’anciens Jaunards (mention spéciale aux deux saisons réalisées par l’ancien stratège de l’ASMCA, Brock James), et depuis cette saison avec le débarquement de Jono Gibbes, ancien adjoint de Franck Azéma en Auvergne.

Le nouveau manager rochelais ayant réussi le tour de force de conforter son équipe dans ses ambitions offensives tout en lui inculquant le culte d’une certaine alternance au pied, dans laquelle s’épanouit la paire de demis Kerr-Barlow - West. Une charnière sur qui reposeront l’essentiel des espoirs Maritimes, puisque cette dernière devra relever un immense challenge : celui de dominer la doublette clermontoise Parra -Lopez dans le secteur clé de l’occupation du terrain…

Jeu au pied de pression contre conservation du ballon

En effet, entre ces deux équipes aux ambitions offensives affirmées et dont les conquêtes semblent sur le papier se valoir, il sera en premier lieu question de stratégie. À ce titre, on peut imaginer que les Clermontois pourraient (au moins dans un premier temps) chercher à privilégier le jeu au pied de pression afin de faire valoir leur avantage présumé dans le secteur de la lutte aérienne. Avec des joueurs comme Penaud, Fofana, Moala ou Toeava, les Jaunards présentent en effet de nombreux atouts pour remporter les duels face au "petit " fond de terrain rochelais composé d’Andreu, Retière et Rattez.

Le duel Andreu - Penaud sera à ce titre des plus intéressants, sachant que si le Clermontois présente un avantage certain en ce qui concerne les duels aériens, Andreu incarne de son côté le profil d’adversaire à même de faire déjouer Penaud, parfois peu à l’aise face aux joueurs tout en appuis. Un morphotype qu’il partage avec la plupart de ses compères de la ligne de trois-quarts, et semble indiquer la volonté rochelaise de tenir le ballon au maximum. Autrement dit : essayer de ressortir du camp à la main autant que possible, pour éviter tant que faire se pourra de laisser l’initiative aux Clermontois.

Clermont : l’atout du banc

Les Rochelais ne sont en effet pas fous : s’ils chercheront à tenir au maximum le ballon, ce n’est pas pour des raisons suicidaires, mais bien parce qu’il serait probablement pire pour eux de laisser la balle aux Clermontois. Lesquels, forts d’une dimension physique a priori supérieure, chercheront à faire exploser le verrou maritime à l’usure, en comptant sur ses "gros-porteurs ". "L’ASM a eu du mal à finir ses rencontres ces derniers temps, nous rappelait un entraîneur de Top 14, soucieux de garder l’anonymat en prévision d’une éventuelle confrontation en phase finale du championnat. Mais je ne crois pas que dans une finale, les Auvergnats connaissent les mêmes problèmes. Au contraire, ils ont été préparés physiquement en vue de ces échéances. Si le match s’avère serré, il me semble que les Clermontois sont à même de faire exploser les Rochelais dans le dernier quart d’heure, sur la seule densité physique de leurs individualités."

Et cela d’autant plus si le troisième ligne Fritz Lee pouvait finalement tenir sa place, laissant au phénomène Yato le rôle de terminer le boulot dans le money-time. Les Clermontois disposant en outre, en cas de besoin, d’un remplaçant de très haut niveau aux postes de la charnière avec Greig Laidlaw, susceptible de tenir la baraque en cas de malheur. Le genre d’impondérable qui pourrait coûter beaucoup plus cher aux Rochelais, si la malchance devait frapper.

Avec une réserve, toutefois… "La Rochelle a le mérite d’être une équipe constante en matière de discipline, tandis que les Clermontois peuvent parfois manquer de maîtrise, pointait notre interlocuteur. Souvent cette saison, lorsqu’ils ont perdu des matchs, c’est qu’ils ont concédé des cartons évitables. Pour moi, la clé de la rencontre sera là : si l’ASM parvient à trouver le bon curseur entre agressivité et discipline, elle devrait l’emporter. Mais si elle se laisse aller à ses démons, attention ! " D’autant que l’arbitre Wayne Barnes n’est pas réputé pour laisser passer grand-chose, et que La Rochelle alignera le meilleur réalisateur du Top 14, avec Ihaia West…

La Rochelle : une entame capitale

Une menace d’autant plus réelle que le souvenir du match de Top 14 joué à Deflandre doit encore planer dans les esprits clermontois, rapidement menés 9-0 avant de concéder un carton rouge par Loni Uhila, prélude à un essai de pénalité. De quoi conférer un surplus de confiance aux Rochelais, qui savent pertinemment que leur salut passera par une entame pied au plancher, sans calcul d’apothicaire…

Un bref regard quant aux dernières confrontations entre les deux clubs permet de s’en convaincre : lors de leurs affrontements, les premières minutes s’avèrent presque toujours déterminantes. Au-delà du match aller de cette saison, les Maritimes se rappellent forcément l’avoir emporté la saison dernière par le biais d’une guerre éclair tuant dans l’œuf les velléités auvergnates (43-6 à la mi-temps, pour un score final de 51-20). Cela tandis que les Jaunards se sont appuyés sur la même méthode pour s’imposer cette saison (23-7 à la pause, victoire 44-19)…

"Comme toutes les équipes très joueuses, Clermont et La Rochelle peuvent être sujettes aux "trous d’air ", des temps faibles où ces équipes peuvent encaisser beaucoup de points, concluait notre entraîneur. Or dans une finale, quand on subit un K.-O. d’entrée, il est très dur de s’en relever… Sachant en outre que les deux équipes ont déjà connu des scénarios de match semblables, on peut penser que les premières minutes de la partie seront déterminantes. Si une équipe a le malheur d’encaisser un essai d’entrée de jeu, il est possible qu’elle ne s’en remette pas. " La clé d’un succès pour La Rochelle, davantage encore que pour Clermont, passant probablement par là…

ZANARDI Nicolas
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