• À la pointe du combat, le pilier droit Alex Burin s’est employé pour repousser les assauts sud-africains..
    À la pointe du combat, le pilier droit Alex Burin s’est employé pour repousser les assauts sud-africains.. Photo Walter Gasparini / Photo Walter Gasparini
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France -20 ans

Bleuets : le rideau de fer

Vainqueurs en demi-finale de Coupe du monde, les Tricolores ont livré une partie titanesque dans le secteur défensif au point d’écœurer les Baby Boks.

Favouée, à moitié pardonnée. La formule convenait parfaitement aux Bleuets après une partie déconcertante de maîtrise face à des Baby Boks littéralement dépassés. Les mots de Jean-Baptiste Gros, pilier du RCT résonnaient comme une évidence à l’issue de la rencontre : « On avait à cœur de se rattraper. On a bien bossé toute la semaine, je pense que la défense nous a permis de gagner ce match. » Aucun superlatif n’est adapté pour qualifier la performance des Tricolores dans le secteur défensif. « Avec des conditions difficiles, il fallait réduire la voilure notamment en raison de leur défense inversée. Il fallait faire face à ce contexte-là avec un jeu direct, nous avons su trouver les clés pour nous rendre le match plus facile avec également de l’alternance. » concédait le troisième ligne Matthias Haddad-Victor. Trouver les clés, c’est le moins que l’on puisse dire. Les Français ont tout simplement écœuré les assauts incessants de leurs adversaires par une débauche d’énergie d’une rare intensité. Véritable général d’une brigade venue pour réprimander à outrance des Sud-Africains sans solution, Haddad-Victor auteur d’une partie extraordinaire de bravoure tenait également à saluer l’état d’esprit d’un groupe hors normes : « Nous avions analysé cette équipe très solide, il fallait être très actifs en défense mais encore une fois, c’est à l’image de notre état d’esprit. C’est énorme comme sensation de voir l’équipe ne rien lâcher jusqu’au bout en deuxième mi-temps quand nous sommes devant notre ligne pendant quinze minutes, on ne prend aucun point, c’est fantastique. » Une dimension mentale qui pourrait permettre à cette équipe de se transcender dans les moments délicats auxquels elle sera confrontée dans le futur.

Un mur infranchissable 

Les Bleuets ont fait preuve d’une efficacité diabolique que ce soit sur l’homme, ou collectivement. La circulation défensive fut excellente et la générosité sensationnelle. Sébastien Piqueronies était satisfait du plan de jeu mis en place durant la semaine : « Nous voulions des plaqueurs bas, c’était inclus dans le projet défensif en reconstituant le rideau défensif rapidement. Nous souhaitions avoir une permanence sur cette ligne de front et s’opposer aux hommes, c’est-à-dire, plaquer ces joueurs plus lourds que nous sur plusieurs temps de jeux pour récupérer des ballons. Nous avions un plan de match précis, les joueurs l’ont appliqué à la quasi-perfection. » Une association d’éléments complémentaires leur permettant d’être performants aux quatre coins du terrain. Jordan Joseph fut très précieux dans le jeu debout en arrachant plusieurs ballons, Kilian Geraci a débordé d’activité et Thibaut Hamonou a pesé sur la défense adverse par sa puissance. Une osmose, une symbiose, tout simplement un message parfaitement assimilé par le Rochelais Matthias Haddad-Victor, meilleur plaqueur de la rencontre : « Il fallait les presser, monter très fort et les agresser dès la prise de balle. Nous savions qu’ils feraient des fautes de mains avec la pression défensive que nous allions leur mettre. » Cette présence de tous les instants sur le premier rideau en laissant le ballon à son adversaire était un pari osé de la part du staff des Bleuets, pari gagnant. En effet, au retour des vestiaires, les Bleuets ont plaqué à 77 reprises en seulement quinze minutes. Une prouesse colossale qui illustre à merveille l’assise défensive d’une équipe capable de s’adapter à son adversaire.

Piqueronies : « C'est un travail très précis et méticuleux »

Le travail et encore le travail. Personne ne reviendra mettre en cause la compétence d’un staff qui s’attache aux moindres détails, la partition des Bleuets fut récitée à merveille. Une équipe que le manager tricolore a façonnée depuis maintenant deux saisons, caractérisées par une adaptation continuelle à son adversaire et une capacité à mettre en place un turn-over efficace assez bluffante. « C’est un travail très précis et méticuleux de l’ensemble du staff. C’est une détermination sans faille de la part des joueurs, ils se sont tous remis en cause, c’est la victoire de l’intelligence et du travail. » Des mots forts qui viennent appuyer une prestation pleine d’autorité, de bon augure avant une potentielle consécration pour cette génération dorée.

Thomas SAINT-ANTONIN
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