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Test Match

France - Écosse : Amical mais pas trop

À Nice, le XV de France doit gagner pour rassurer, les joueurs marquer des points pour être sélectionné, le staff convaincre que les choix sont bons. Tout sauf un match amical…

Enfin, on va savoir. Tous les quatre ans, à pareille époque, on nous rabâche les oreilles que les joueurs n’ont jamais autant transpiré, que la préparation n’a jamais été aussi difficile. À chaque Coupe du monde, dans des contextes souvent bien différents, c’est la même rengaine. Souvenez-vous. Il y a quatre ans, les Bleus avaient vomi leurs tripes sur les watt-bike, ils étaient prêts à grimper le col du Tourmalet. Ils ont pourtant calé au pied de la montagne néo-zélandaise, posant les deux pieds à terre, mais aussi les fesses. Cette année, c’est sûr, la préparation basée sur la très haute intensité voulue par Fabien Galthié et Thibaut Giroud, va faire des miracles. Positive attitude ou opération de communication, qui sait ?

Pour en juger, il y a donc ces trois matchs amicaux, qui n’en auront que le nom. Et pour cause. "Ces matchs de préparation, ça n’a rien d’amical, sourit l’ancien sélectionneur des Bleus Marc Lièvremont. Les contenus sont essentiels, c’est la continuité de la préparation, l’appréhension des premiers contacts de la saison, la mise en place des systèmes. Les joueurs seront donc sous pression."

L’imbroglio des "réservistes" susceptibles de venir bousculer la hiérarchie initiale est venu renforcer ce sentiment que ces rencontres face à l’Écosse et l’Italie seront aussi et surtout des matchs de sélection. "De l’extérieur, je ne condamne pas, mais il y a quand même une forme d’ambiguïté, souligne encore Marc Lièvremont. Au départ, si j’ai bien compris, il y avait une liste de 31 joueurs partant au Japon et une liste de six réservistes en cas de blessure. Or, j’ai l’impression que la donne a un peu changé et qu’on se dirige peut-être vers des surprises." Un exemple ? La composition de la troisième ligne avec deux réservistes Charles Ollivon et François Cros titularisés pour ce premier test n’est-elle pas un signal fort ? Depuis quelques semaines, la rumeur bruisse que ces deux-là ont impressionné le staff technique, que Yacouba Camara ou Louis Picamoles pourrait en faire les frais. Pas de conclusion hâtive, Jacques Brunel avait prévenu que les 37 joueurs auraient du temps de jeu…

"Plus détaillé, plus précis…"

À Nice, les Bleus sont attendus fringants, revigorés par un staff technique renforcé des compétences de Thibault Giroud, Fabien Galthié ou encore Laurent Labit. Ils n’ont cessé de le dire à longueur de conférence de presse. Un exemple ? Camille Chat lors du stage à Valence, en Espagne : " C’est beaucoup plus détaillé, beaucoup plus précis et donc plus clair pour nous […] Je trouve vraiment le projet plus précis que durant le Tournoi. Je ne sais pas si c’est grâce aux nouveaux entraîneurs, mais c’est ce que je ressens." Autant dire que ce projet sera scruté, analysé et disséqué. Les enseignements seront pour plus tard. Peut-être à l’issue du troisième match de préparation contre l’Italie ? Une façon de se rassurer. Ou pas. La patte Galthié se verra-t-elle à l’œil nu dès la première sortie ? L’équipe de France cachera-t-elle son jeu ? "J’ai du mal à croire à ça, rétorque Lièvremont. Je n’imagine pas une équipe cacher son jeu avant un Mondial. Chaque match amène sa stratégie adaptée à l’adversaire." Et l’ancien patron des Bleus de 2011 ajoute, après un instant de réflexion : "Mais quand je vois les Blacks qui ne produisent pas grand-chose en ce moment, on peut quand même se poser la question." Pour le XV de France, pas sûr que l’on obtienne un début de réponse samedi à Nice.

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