• Sébastien Vahaamahina (France) sur le banc après le carton rouge reçu contre le Pays de Galles
    Sébastien Vahaamahina (France) sur le banc après le carton rouge reçu contre le Pays de Galles PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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XV de France

Qui pour remplacer Vahaamahina ?

En annonçant sa retraite subitement, le Clermontois a placé le futur staff des Bleus dans une impasse au poste de numéro 5.

Vahaamahina parti, ce n’est pas rien pour le dessin du futur staff de l’équipe de France. à 28 ans tout juste, le Clermontois entre, théoriquement, dans les plus belles années d’un deuxième ligne, poste qui tire traditionnellement le plus tard au rugby. Il aurait été de l’aventure Galthié-Ibanez. Plusieurs raisons à cela : avec 46 sélections au compteur et le roulement de génération qui s’annonce, il aurait comptait parmi les plus expérimentés à "survivre" à ce changement de sélectionneur, quand une vague de jeunesse est annoncée. "Vahaa", comme Fickou (51 sélections) et Poirot (33 capes), devait être un cadre de cette nouvelle équipe de France qui préparera l’échéance immense de 2023. Le futur encadrement devra faire sans, le futur capitaine sans son épaule.

Autre aspect qui plaidait pour un ancrage de Vahaamahina en numéro 5, où il était un titulaire quasi exclusif depuis début 2017 (24 fois ces trois dernières années) : son profil physique, rare en France. Si le Clermontois est surnommé "Dino" par ses partenaires de club, en référence au dinosaure, c’est qu’il présente effectivement des mensurations assez précieuses (2,03 m pour 125 kg). Cette dimension physique peut, parfois, lui interdire des interventions très au large, où les joueurs plus légers se projettent plus vite. En revanche, dans le défi des rucks ou à proximité immédiate, son efficacité était vitale aux Bleus. Contre le Tonga, c’est lui qui grattait un ballon décisif devant la ligne des Bleus, alors en pleine souffrance, et qui semblait résister le mieux aux forts impacts des Îliens. Contre les Gallois, c’est lui qui résistait à deux plaquages pour finalement plonger dans l’en-but, dans la 50e minute du quart de finale à Oita. Avant son carton rouge, il était le leader de combat de l’équipe.

Un gros porteur de balle recherché

Qui, demain, pourra tenir ce rôle au sein de la deuxième ligne française ? Une chose est sûre : les Bleus seront en quête d’un gros porteur de balle. Et si la France a formé récemment quelques grands talents, tous ou presque ont plutôt des profils de numéro 4, plus légers et taillés pour le déplacement. C’est le cas de Félix Lambey, bien sûr, grande satisfaction du dernier Tournoi et pourtant oublié de la liste pour le Mondial. Le Lyonnais devrait logiquement revenir dans les plans mais pas en remplacement de Vahaamahina. Idem concernant Paul Gabrillagues, option de dépannage en 5 mais exclusivement utilisé en 4 en club. Les autres sont des polyvalents deuxième-troisième, ce qui limite leur utilisation en 5. C’est évidemment le cas d’Arthur Iturria et Bernard Le Roux, déjà les deux pieds dans cette polyvalence en Bleu. Mais uniquement en numéro 4, lorsqu’il s’agit de la cage. Ce sera demain le cas du néo-Lyonnais Killian Geraci. Au demeurant excellent, il est un flanker de formation monté d’un cran, où il est utilisé indéfiniment en 4 ou en 5. à voir, au niveau international, s’il peut franchir la marche et pousser à droite.

Finalement, les deux profils logiques qui se dégagent pour prendre la place sont Paul Willemse (en photo) et Thomas Jolmes. Le Montpelliérain n’a que 26 ans. Pur numéro 5, il est massif et puissant dans le combat ou l’exercice de la mêlée fermée. Il a déjà connu le fonctionnement des Bleus (5 sélections). C’est l’option la plus sérieuse. Selon nos informations, il aurait même pu débuter la demi-finale de ce Mondial 2019, si demi-finale il y avait eue. L’encadrement de l’équipe de France en a discuté de manière informelle, dimanche soir : "Et si on s’était qualifiés, comment aurions-nous fait ?" La venue express de Willemse au Japon pour une titularisation immédiate faisait consensus. L’autre option mène à Thomas Jolmes. Parmi les grandes satisfactions de la dernière saison rochelaise, il avait aussi séduit lors de son passage chez les Barbarians, alors considérés comme France A. Un avenir international n’aurait rien d’incongru le concernant, d’autant qu’il est aussi un pur 5.

Reste les grosses cotes. Le Bordelais Cyril Cazeaux a le profil qui correspond : jeune, porteur de balle et titulaire de son club en Top 14, qui plus est dans l’une des équipes en vue de ce début de saison. Gillian Galan, enfin, est surveillé du coin de l’œil. Son replacement en deuxième ligne pourrait apporter quelques garanties techniques et physiques sur le poste. à condition qu’il s’y installe à Toulouse. Rien de sûr, avec la forte concurrence qui se profile pour lui (Tekori, Gray, Arnold).

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