L'Irlande ne peut se passer de Sexton

  • Andy Farrell a choisi de donner le capitanat à Sexton, onze ans de présence dans le groupe irlandais et une vision du jeu sans pareille.
    Andy Farrell a choisi de donner le capitanat à Sexton, onze ans de présence dans le groupe irlandais et une vision du jeu sans pareille. Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport / Sportsfile / Icon Sport
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Andy Farrell n’a pas pris de risque. Il a nommé Jonny Sexton capitaine. Malgré ses 34 ans, le demi d’ouverture semble encore indispensable. Sa concurrence est si mince…

Andy Farrell va donc inaugurer son premier Tournoi comme entraîneur principal, après s’être occupé de la défense. pendant quatre ans Il a désormais la responsabilité de tout le jeu de l’équipe et le calendrier lui propose une entrée en matière assez favorable. Son équipe est censée être favorite face à l’Écosse. Andy Farrell est doublement servi par les circonstances, dans la mesure où le mandat de Joe Schmidt s’est terminé dans la confusion de la Coupe du monde : la défaite inattendue face au Japon en poule et la terrible volée subie des mains des All Blacks. Cruel épilogue pour un sélectionneur porté au pinacle en 2018.

Andy Farrell n’allait pas forcer sa chance. Sa première décision forte fut dictée par la prudence. Rory Best désormais à la retraite, il a offert le capitanat à Jonathan Sexton, 34 ans, 88 sélections et onze ans d’équipe nationale. Cela signifie que le demi d’ouverture du Leinster aura 38 ans lors de la prochaine Coupe du monde en France. Certaines voix militaient pour James Ryan, le deuxième ligne (lui aussi du Leinster), le seul autre joueur considéré comme partant certain hors blessure. Mais Andy Farrell n’a pas voulu prendre de risque car s’il y a bien un joueur avec qui tout le monde prend des pincettes en Irlande, c’est Sexton et la dernière Coupe du monde a conforté cette situation. Il n’était pas là contre le Japon, match fatal (19-12) qui a envoyé les Verts vers un quart de finale injouable face aux All Blacks. Tout le monde pense qu’avec un tel caractère sur le terrain, les Irlandais auraient su réagir au cours d’une partie, où ils se sont laissés peu à peu endormir, après avoir réussi leur entame.

Aussi terrible que ça paraisse, les Irlandais en sont venus à penser que jamais, ils n’ont été aussi dépendants de leur ouvreur. C’est paradoxal à une époque où l’Irlande regorge de talents comme jamais. Ça foisonne à tous les postes, c’est vrai, sauf à l’ouverture. Dans ces conditions, il n’était pas question de vexer le vétéran de Dublin en omettant de lui donner les galons.

Seulement trois matchs avec le Leinster

En plus, Sexton est servi par les circonstances, car son éventuel remplaçant, Joe Carbery, du Munster est blessé. Et Farrell n’a même pas convoqué dans le groupe élargi Jack Carty (Connacht), l’homme qui s’était planté à la place de Sexton contre le Japon. Sexton se retrouve donc en sélection dans le groupe avec derrière lui deux ouvreurs sans vécu international, Billy Burns de l’Ulster (zéro cape) et Ross Byrne (trois capes, une seule comme titulaire) qui est aussi son second au Leinster. Enfin second, façon de parler. Car le plus impressionnant, dans toute cette affaire, c’est que Jonny Sexton n’a joué que trois matchs depuis la fin de la Coupe du monde, les trois fois en Coupe d’Europe, car il n’a pas encore foulé les pelouses de la Ligue celte. Certes, il s’est fait mal à un genou, mais l’ancien joueur du Racing illustre à la perfection le cliché du joueur irlandais économisé au maximum par sa Fédération pour donner le meilleur de lui-même sous le maillot national. Ceci dit, Sexton n’a pas que des qualités. Ballon en main, sa vision du jeu et son sang-froid sont inégalables, et il sait appliquer à la perfection les canevas décidés par les coachs. Peu de numéros 10 sont capables d’assurer comme lui la tenue stratégique d’une rencontre.

Mais Tony Ward, ex-ouvreur international (19 capes entre 79 et 87), devenu consultant, a eu le courage de pointer du doigt les défauts de son successeur : "Pour moi, un capitaine doit être un joueur entraînant sur le terrain. Quand les choses ne vont pas bien, on a besoin de quelqu’un vers qui se tourner et qui va vous donner de la confiance. Johnny dans le passé n’a pas vraiment montré ce genre d’attitude avec ses partenaires." Tony Ward avait déjà exprimé ça l’an passé après le match Italie - Irlande quand Sexton avait exprimé une frustration déplacée au moment de sortir pour laisser sa place à Jack Carty. Sexton est un monument du jeu, mais son comportement est parfois un peu cassant.

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