Rugby, ça repart !

  • Pour reprendre une vie normale, le rugby devra s’astreindre à des protocoles sanitaires très stricts.
    Pour reprendre une vie normale, le rugby devra s’astreindre à des protocoles sanitaires très stricts. Dave Winter / Icon Sport / Dave Winter / Icon Sport / Dave Winter / Icon Sport
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Après des semaines de flou, la FFR a officialisé un protocole de reprise des entraînements, ce vendredi. De quoi donner un point de mire dans le brouillard. Afin de limiter les risques, la Fédération table sur une reprise des entraînements en six étapes, du simple bilan médical à l’entraînement total et en opposition. En enclenchant un premier pas en avant, la FFR remet un rayon de soleil dans le paysage du rugby français. La suite, pourtant, reste encore à écrire.

Bien au-delà de toutes les dispositions techniques qui faisaient suite, ce sont les premiers mots de la communication fédérale qui ont fait chaud au cœur. "Il sera bientôt possible de rechausser les crampons !". Rien que ça. En soi, après deux mois sans rugby et trois autres à venir qui s’annoncent sans compétition, l’annonce se suffisait à elle-même.

Il sera donc possible, bientôt, de rejouer au rugby. "En toute sécurité" promet la FFR, quand ce sport "collectif, de contact et en public" semblait rassembler les pires critères face à la menace du Covid-19, qui plane encore et fera toujours causer, demain. C’est une bonne nouvelle pour tous, des amateurs aux professionnels. Reste à savoir, désormais, comment ce grand bazar se mettra en ordre de match.

Une reprise des entraînements possible dès le 25 juin ?

La veille que la FFR proclamait l’heureux événement, le président Bernard Laporte voyait ce jeudi le premier ministre Édouard Philippe pour plaider la cause du rugby (voir ci-dessous). Le lendemain, son institution donnait plus de détails sur ce plan de reprise, validé dans l’après-midi par le ministère des sports. Un plan en plusieurs étapes, avec des mesures sanitaires d’abord strictes et petit à petit adoucies. "Nous avons imaginé différentes étapes pour une levée progressive de ces mesures" détaille Didier Retière, le DTN (directeur technique national). "Ça ne veut pas dire que ce programme est figé dans le temps. Le passage d’une phase à une autre se fera en fonction des consignes gouvernementales. Si la sortie de crise se passe plus vite que prévu, on pourrait même sauter des phases. Et inversement si cela prend plus de temps. On s’adaptera au fur et à mesure. L’important était de donner une vision à nos pratiquants. Les membres des clubs vont enfin pouvoir se retrouver et partager des moments ensemble. C’est le principe même du rugby."

Dans les faits, le protocole de reprise des entraînements dans les clubs se fera en six étapes, toutes supervisées et accompagnées par des "Covid manager" désignés auprès de la FFR. Quand cela prendra-t-il effet ? Cela reste à définir. Pas avant le 25 juin, dans le meilleur des cas. Sur ce point, le gouvernement à la main et devrait en dire plus au jour du 2 juin, quand le prochain exercice de grande communication présidentielle est programmé. Ensuite, la reprise d’activité sera progressive, afin de "remettre progressivement les joueurs dans l’activité sportive en leur permettant de reconstruire en toute sécurité leur potentiel athlétique."

Le risque zéro n’existe pas

Dans les faits, tout débutera par un diagnostic uniquement médical des joueurs, pour en venir à des exercices d’abord individuels et sans ballon, puis collectifs, pour aboutir à une reprise totale du rugby, donc avec contact et en opposition (voir infographie ci-contre). En toute sécurité, comme le jure le communiqué fédéral ? Un peu plus loin, cette même communication fédérale rappelle encore que "sur le terrain comme partout, il faut continuer à respecter les gestes barrières". Plus simple à dire qu’à faire, tant le rugby est antinomique avec le principe de distanciation et qu’il est inenvisageable d’envisager ce sport sans contact ni combat, son essence même. Pour l’heure, la FFR se contente de conseils d’hygiène comme "apporter sa bouteille marquée à son nom", "privilégier le vélo ou le véhicule privé pour se rendre à l’entraînement" ou "arriver en tenue" à l’entraînement". Le risque zéro n’existe pas.

Ce risque, il faudra donc l’assumer et vivre avec. Car le rugby devra reprendre vie, c’est une certitude, et au plus vite.

Au terme de ce protocole, il sera enfin temps de revenir sur le terrain. Celui des matchs, cette fois. Si aucune date formelle n’a été communiquée, les dirigeants fédéraux espèrent bien siffler le coup d’envoi des saisons 2020-2021 début septembre, comme c’est l’habitude. Pour cela, il faudra que toutes les étapes du déconfinement, puis de la reprise des activités sportives, se déroulent sans encombre. Ce serait, alors, le jour 0 d’un nouveau rugby.

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