Marti : « Cette jauge à 5000 personnes c'est une nouvelle catastrophe »

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    Laurent Marti. Icon Sport / Icon Sport
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Laurent Marti Le président du club le plus "supporté" du rugby français ne cachait pas son abattement après la dernière décision du gouvernement.

Quelle est votre réaction face à cette décision du gouvernement de maintenir la jauge de 5 000 personnes à la reprise des championnats dans les stades ?

C’est tout simple, c’est une nouvelle catastrophe ! Comment faire sans abonnés et sans partenaire pour faire fonctionner un club professionnel ?

Mais les pouvoirs publics sont-ils au courant de la situation des clubs de rugby ?

Ils le savent, nous avons déjà déposé plusieurs dossiers pour alerter les pouvoirs publics sur notre situation. On leur a expliqué aussi que 5 000 personnes dans un stade de cinq mille personnes, ce n’est pas la même chose que 5 000 personnes dans un stade de 30 000.

Pensez-vous qu’on se heurte à une position de principe ?

Oui, le risque zéro n’existe pas, aussi bien en sport que dans la vie. Je pense que le principe de précaution a ses limites. Vous savez, c’est un peu comme si on interdisait la circulation automobile parce qu’elle fait encore des milliers de morts par an. En résumé, je pense que cette mesure est clairement trop sévère. Le gouvernement doit comprendre les retombées sportives, sociales et médicales de ce genre de mesures.

Médicales ?

Oui, je connais des gens qui, à cause de certaines mesures liées à la crise du Covid, n’ont pas pu se faire soigner correctement.

La LNR ne va pas rester inactive face à cette situation, n’est-ce pas ? On imagine qu’elle va s’adresser aux pouvoirs publics…

Oui, au moment où je vous parle, la LNR l’a déjà fait.

L’UBB et ses 24 341 spectateurs de moyenne est-elle spécialement pénalisée par cette mesure ?

Évidemment, sans Chaban-Delmas et sa capacité de 34 000 places, un club comme l’UBB ne peut pas survivre. Mais nous ne sommes pas les seuls à vivre cette situation.

On a entendu dire que l’impossibilité pour vous de recevoir vos partenaires VIP, c’est un coup terrible porté à vos finances. Est-ce vrai ?

Oui, bien sûr. Mais je préfère vous donner un chiffre qui résume tout : l’accueil du public et de nos partenaires représente 65 % de nos recettes. Ça vous donne une idée de notre situation.

Vous qui avez tant d’énergie, on vous sent un peu abattu sur ce coup…

Je ne vous le cache pas, après quatre mois de combat féroce pour reprendre le championnat et la saison dans de bonnes conditions, voilà qu’on nous en remet une couche. C’est terrible.

Tous les clubs sont-ils solidaires sur ce dossier ?

Oui, quand même. Mais évidemment, les clubs qui dépendent de mécènes ne courent pas le même danger que nous. Ils ne dépendent pas aussi étroitement des recettes aux guichets, mais ils ne vont pas en rajouter, les temps sont difficiles pour eux aussi.

Avez-vous une échappatoire devant vous ?

Il nous reste la possibilité de la dérogation du préfet. Une éventuelle décision devra être prise après le 15 août, c’est un délai qui est devant nous. C’est aussi une nouvelle épée de Damoclès au-dessus de notre tête.

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