Dans le quotidien d'un club - Sans compétition, le rôle social prend le pas

  • A Noël, les trois présidents sont allés distribuer des cadeaux aux enfants du club. Patrice Lafont a enfilé le costume du père Noël et Thierry Lachaise celui d’Olentzero, son alter ego basque.
    A Noël, les trois présidents sont allés distribuer des cadeaux aux enfants du club. Patrice Lafont a enfilé le costume du père Noël et Thierry Lachaise celui d’Olentzero, son alter ego basque.
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Chez les amateurs, les bénévoles redoublent d’efforts pour maintenir de la vie dans le club. Au Stade Hendayais et au Rugby Club de l’Alaric, malgré les restrictions, des entraînements ont toujours lieu.

Un genou est à terre mais le second résiste. Pour le moment. Face aux multiples restrictions liées au contexte sanitaire, des clubs amateurs ont décidé de se battre avec leurs armes pour maintenir un peu de vie et de liant. C’est notamment le cas au Pays basque et en Occitanie.

Samedi, au stade Ondarraitz d’Hendaye (Pyrénées-Atlantiques). Alors que le soleil pointe doucement le bout de son nez, les premiers gamins arrivent sur le terrain, rapidement imités par les adultes. Pour l’école de rugby, c’est une séance aux horaires habituels. Les seniors, en revanche, ont dû s’adapter. Face aux dernières annonces du gouvernement, le club a décidé d’organiser des séances le samedi. « Nos entraîneurs s’investissent et arrivent à trouver des choses intéressantes, salue Thierry Lachaise, un des trois présidents. Il n’y a qu’à voir : tout le monde est à fond. Ça prouve que les gars ont envie. »

Ce matin-là, ils sont une bonne trentaine de seniors sur le pré. Ça crie, ça chambre, ça vit, quoi ! Parmi eux, Stéphane, deuxième ligne de 37 ans. « Venir ici change un peu les idées, souligne-t-il. J’ai envie de retrouver un groupe de copains, rigoler et voir autre chose que le travail. En toute détente, tu t’amuses et ça te permet de te tenir un peu en forme. » Si le contact, le goût des matchs et l’adrénaline manquent aux joueurs, ils ne se plaignent pas pour autant. « Certains sports en salle ne peuvent même pas se retrouver, rappelle le deuxième ligne. Je pense qu’eux sont plus malheureux. »

Au Rugby Club de l’Alaric (Aude), à quatre cent cinquante kilomètres de là, même son de cloche. Les jeunes, séparés sur les terrains de Douzens et Capendu, répondent à l’appel du ballon. « Pendant les vacances de Noël, nous avons souhaité faire deux mercredis de rugby. Sur soixante-dix licenciés, il y avait cinquante-cinq enfants. Le matin, nous les avions emmenés chez un de nos dirigeants, producteur, pour récolter des pommes. Ils sont demandeurs, c’est une grosse réussite », savoure Christophe Amouroux, responsable de l’école de rugby, qui apprécie le soutien des élus et des sponsors malgré la crise sanitaire.
 

Les réseaux sociaux, l’autre levier

L’autre terrain, qui permet aujourd’hui aux petits clubs de survivre, se situe sur la toile. À Hendaye, club très actif sur les réseaux sociaux, les bénévoles puis les partenaires ont été mis à l’honneur grâce à des visuels et petites interviews. « On veut montrer que le club ne dort pas, bien au contraire. Il travaille, prépare l’après-virus afin de proposer, encore et toujours, ce qui fait le Stade hendayais : un club de lien social, de partage, où il fait bon venir, bon vivre et où on est bien ensemble », affirme Lachaise.
Dernier exemple en date ?

À Noël, les présidents se sont déguisés en père Noël et Olentzero (son alter ego basque) et se sont rendus chez les gamins afin de leur offrir des cadeaux. « Pour les enfants, ça nous faisait vraiment de la peine de ne pas pouvoir organiser notre arbre de Noël, comme on le fait depuis des décennies », poursuit Thierry Lachaise.
À sa manière, le monde amateur fait son possible pour rappeler qu’il existe. Touché, mais pas coulé, il ne compte pas baisser les bras.
 

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Pablo Ordas.
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