Antonie Claassen, le jubilé de trop

  • Antonie Claassen, ici au duel aérien avec Brice Dulin, a réalisé une performance en demi-teinte. Antonie Claassen, ici au duel aérien avec Brice Dulin, a réalisé une performance en demi-teinte.
    Antonie Claassen, ici au duel aérien avec Brice Dulin, a réalisé une performance en demi-teinte. Midi Olympique. - Patrick Derewiany.
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Invité surprise du XV de départ du Racing quinze jours après avoir disputé son dernier match contre Brive, l’ancien troisième ligne international a symbolisé malgré lui les insuffisances des siens.

On l’avait quitté tout sourire au soir de la 26e journée, au bout d’un match aux faux airs de parfait jubilé. La jambe gauche habillée d’une chaussette du CA Brive, l’ex-numéro 8 international Antonie Claassen avait ainsi disputé face au club qui l’avait révélé en France le dernier match d’une carrière bien remplie par 334 matchs de Top 14, auréolée de 6 sélections et de 2 titres de champion de France en 2013 et 2016. En ce soir du 5 juin, tout y était donc passé ou presque pour rendre la soirée idéale sur la pelouse synthétique de La Défense, Claassen se fendant même de son trentième essai en carrière à la 73e, et même d’une pénalité en guise de clin d’œil juste avant la sirène, sous les applaudissements de ses partenaires. Le tout juste avant de se voir offrir un maillot par son ancien club, puis de réaliser une photo souvenir entouré des 45 autres acteurs du match... Une soirée idyllique pour un jubilé, quoi, si bien qu’on imaginait aisément ne plus jamais le revoir sur un terrain. Et cela même si Claassen avait assuré « qu’il serait prêt » à son éternel manager Laurent Travers lorsque celui-ci lui demanda de maintenir ses efforts aux entraînements, au cas où…

 

Préféré à Joseph et Lauret

Ce « cas où » ? Il s’est justement produit en barrage, lors du derby face au Stade français, qui laissa le titulaire Yoan Tanga sur le flanc, obligeant Travers à terminer la rencontre avec une troisième ligne Lauret-Le Roux-Palu. Trois choix s’offraient alors pour la demi-finale au boss des ciel et blanc… Relancer Jordan Joseph, toujours en-dessous des attentes placées en lui et plus titularisé en Top 14 depuis le mois de mars ? Trop incertain. Tenter le coup avec Lauret ou Palu, dans la continuité de la fin de match contre Paris ? Une brève discussion à six yeux dans son bureau acheva de convaincre Travers de ne pas s’y hasarder. Ne restait plus alors qu’à tirer Antonie Claassen de sa quasi retraite, puisque ce dernier avait tenu sa parole en maintenant depuis quinze jours le cap aux entraînements. Quitte à se priver pour l’occasion de son meilleur sauteur Baptiste Chouzenoux, première victime collatérale de la manœuvre…

 

Dominé dans le défi

Las pour Claassen, cette demi-finale pourtant pas si mal partie (il fut même auteur d’un bon contest au sol à la 6e pour l’ouverture du score par Machenaud) tourna rapidement au chemin de croix. Secoué comme tous ses partenaires par les impacts du Stade rochelais, Claassen ne parvint malheureusement jamais à remettre son équipe dans le sens de la marche. Noyé dans le défi physique, l’ancien Castrais commença alors à se signaler par de mauvais choix, à l’image de ce ballon gâché par un mauvais jeu au pied puis conservé au sol sur l’une des rares avancées des siens, après une passe au contact de Fickou. Pire : lors d’un choc tête contre tête avec Gomes Sa en plaquant Raymond Rhule, Claassen fut le premier joueur de son équipe à quitter la pelouse sur saignement où il ne revint que dix minutes plus tard, après l’essai du break marqué par Retière. Une action où, tiens donc, sa couverture du terrain aurait pu être précieuse au moment de sauver le coup, l’inexpérience au poste de numéro 8 de Lauret se matérialisant par son léger retard sur l’action… Et si Claassen tenta bien un retour sur la pelouse, le bandage au front et l’œil tuméfié, celui-ci ne put malheureusement jamais inverser la tendance, quittant définitivement la pelouse à la 54e au terme d’un deuxième « jubilé » qui était probablement celui de trop. Lequel a au moins eu le mérite de rappelé à Laurent Travers et Jacky Lorenzetti que le Racing 92 était le seul club parmi les demi-finalistes à ne pas compter dans ses rangs de numéro 8 international en activité, denrée si précieuse en phases finales...

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