Test Match - France - Argentine : un match, trois questions

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    Test Match - France - Argentine : un match, trois questions Midi Olympique - Patrick Derewiany - Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Chahuté sur les phases de ruck et parfois dominé dans la dimension physique, le XV de France a su trouver les ressources, notamment grâce à un coaching gagnant, pour s’imposer. Et sans vraiment utiliser l’arme du jeu au pied, malgré l’association Jalibert-Ntamack.

Pourquoi les Bleus ont-ils autant peiné en début de match ?

Des rucks qui font pschitt

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« Notre plan, c’était vraiment de gêner les Français dans les zones de ruck, principalement pour que ces trois joueurs de classe mondiale que sont Dupont, Jalibert et Ntamack ne puissent pas jouer à leur guise. » La confession est signée Mario Ledesma, sélectionneur des Pumas. Pari gagné au regard du scénario de la rencontre. L’agressivité des Pumas a fait déjouer ces trois-là et mis à mal la stratégie orchestrée par le XV de France. Pourtant, l’ancien talonneur de l’ASM Clermont avait tout de même un sentiment d’amertume à l’issue de la rencontre. « Nous n’avons jamais autant perdu de ballons dans les rucks que durant ce match. » En clair ? Si les Français ont peiné à répondre à l’agressivité argentine dans les phases de combat au sol - ce fut criard en première mi-temps - les Bleus se sont bien repris en seconde période, tant sur les rucks défensifs qu’offensifs. « On a été parfois malmenés, ce qui nous a empêchés de mettre en place nos actions », a reconnu Fabien Galthié. Pour rectifier le tir, Galthié a opéré ses changements plus tôt que d’habitude. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, avec un peu plus de présence physique (lire la question 2) dans ces phases de combat, le jeu tricolore s’est un peu plus épanoui.

Les « finisseurs » ont-ils eu l’impact escompté ?

« Money time » enfin gagnant !

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Ce fut la grande thématique des quinze jours de préparation. À chaque séance d’entraînement à haute intensité, un scénario de fin de match « dantesque ». Et une composition d’équipe pensée, peaufinée, préparée pour mieux gérer la fin des rencontres. Fabien Galthié l’a dit lui-même à l’instant d’annoncer son groupe pour cette Autumn Nations Series : « Sur 18 matchs, il y a six défaites dont cinq sur les dernières actions alors que nous menions. » Un constat qui a amené le staff à remodeler sa façon de voir les choses. Et ce dernier de développer en amont de ce premier match : « Je vous ai dit que notre méthode évoluait, notamment dans la composition de notre équipe de France. On commence par la fin de match. On veut voir à quoi ressemblerait éventuellement notre équipe dans les dernières minutes. Nous voulons une équipe qui soit solide à tous les niveaux, dans tous les secteurs du jeu, notamment émotionnel et pas tellement sur les intensités de vitesse. On a besoin d’une équipe de finisseurs hyper expérimentée, hyper solide, pour aller chercher ces victoires que l’on tient dans les dernières actions. »

Force est de souligner que Galthié n’a pas menti. Son équipe de France a su cette fois préserver son avantage en fin de match. Ces derniers temps, les Bleus nous avaient habitués à entrer en zone de turbulences après l’heure de jeu. Cette fois-ci, alors que le match n’était pas plié, ils ont tenu bon. Malgré un forcing des Argentins revenus à six points après un essai de Mateo Carreras, ils n’ont pas paniqué. Au contraire. Sur le renvoi, ils ont vite récupéré le ballon non loin du milieu de terrain. Il ne fallait alors pas se tromper, le chrono annonçant moins de deux minutes à jouer. Résultat ? Aucune fausse note. Les Bleus ont conservé la possession du ballon, jusqu’à contraindre les Pumas à commettre une faute offrant à Jaminet une dernière pénalité bien ajustée. Le travail a donc payé, le coaching aussi. Galthié voulait des joueurs forts sur le plan émotionnel, il les a trouvés. Un exemple ? Peato Mauvaka. Le talonneur toulousain a réussi son entrée en jeu avec calme, précision et puissance. Même constat pour Jonathan Danty qui a apporté sa puissance, ce qui manquait jusque-là. Surtout, Galthié a débuté ses changements plus tôt qu’à l’accoutumée. Avec une franche réussite.

Les Bleus ont-ils plus joué au pied avec Jalibert et Ntamack ?

Moins de coups de pied, plus de possession

Que n’a-t-on pas écrit, lu ou entendu à propos de l’association Jalibert-Ntamack dans un format 5/8e cher aux Anglo-Saxons ? Par-delà, la performance collective autour de ces deux-là, c’est le jeu au pied qui était attendu. Jouer avec deux ouvreurs reconnus pour, entres autres, savoir bien manier le ballon avec leur pied et lire les situations de jeu propices à l’utilisation de cette arme, c’était l’assurance pour beaucoup d’une pluie de coups de pied, à faire passer le Stade de France pour une zone subtropicale. Surtout, les premières sorties de l’ère Galthié étaient basées sur la thématique de la « dépossession », renforçant ce pressentiment. Las, la vérité d’un jour n’est pas toujours celle du lendemain. Pourquoi ? Parce que le XV de France n’a sans doute jamais aussi peu utilisé le jeu au pied que dans cette rencontre face aux Pumas. Le XV de France a même assumé la possession (53-47 %). Résultat : seulement 23 coups de pied donnés durant les quatre-vingts minutes de jeu. Un chiffre famélique au regard de ce qui fut pratiqué dans un passé récent.

Un exemple ? Lors du dernier Tournoi des 6 Nations, jamais les Bleus n’ont tapé moins de 30 coups de pied. Même contre l’Italie, en ouverture de la compétition, les joueurs de Galthié avaient eu recours au jeu au pied à 34 reprises. Évidemment, la question de la relation et de la complémentarité entre Matthieu Jalibert et Romain Ntamack va se poser. Avec d’autant plus de force et de pertinence que les bienfaits de leur association, par-delà le jeu au pied, n’ont pas franchement sauté aux yeux. Bien au contraire…

 

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Arnaud BEURDELEY
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