Top 14 - Toulon, de l’ombre à la lumière

  • Le Toulon de Charles Ollivon et Baptiste Serin est presque inarrêtable depuis plusieurs semaines.
    Le Toulon de Charles Ollivon et Baptiste Serin est presque inarrêtable depuis plusieurs semaines. Icon Sport
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Retour de quelques cadres essentiels et premiers effets de la méthode Azéma, le RCT du printemps n’a plus rien à voir avec celui du début de saison. La transformation ne fait que commencer, si l’on en croit les ambitions de son président. Et, déjà, la lutte pour une qualification.

En quelques mois, les Rouge et Noir sont passés de la lutte au maintien à l’espoir fou d’accrocher une place dans le Top 6. En coulisses, le club frappé au muguet veut donner un coup de jeunesse à l’institution. Toulon est en mutation.
Une métamorphose qui porte le sceau Franck Azéma. Arrivé en octobre, le manager a su unir à la hâte une entité fracturée en son sein mais aussi avec ses fervents supporters. Ce mardi, lors d’un entraînement ouvert au Campus, il y avait plus d’une centaine de personnes pour applaudir Carbonel et consorts. Les moues et les cernes du début ont laissé place à de francs sourires.

Azéma, le « rescapé » a imposé sa patte

Lors de leur deuxième revers à domicile, face à Castres (10-22), le 5 février, le patient RCT était dans un état critique. Depuis, il renaît de ses cendres après une série étonnante et ébouriffante… trois défaites sur les quatorze dernières rencontres ! « Notre état d’esprit a changé, on est vraiment efficaces à tous les niveaux, a insisté Ollivon. Tout le monde s’implique, tout le monde a sa part de responsabilité. On tire le groupe vers le haut. »

Le vestiaire a adhéré à la méthode Azéma. Du pouvoir a été rendu aux individus. Un noyau de leaders (Parisse, Ollivon, Serin…), élu par un vote du groupe, veille au sérieux et à l’implication au quotidien. Ces patrons sont chargés de faire remonter les ressentis de l’effectif. Ces derniers mois, avec l’enchaînement des matchs, le coach était attentif à l’état physique des troupes. Cette saine communication a donné un bol d’air frais à un groupe bridé, voire infantilisé auparavant.

Humble, l’entraîneur en chef refuse de récolter les lauriers mettant en avant une réussite collective : « Je suis rescapé et privilégié de vivre avec ce vestiaire et ce staff, avouait-il après les Saracens. On peut appeler ça de la chance ! J’ai envie de partager. J’essaie de leur rendre du mieux que je peux. »

Le fonctionnement a connu un seul accroc, à Brive (17-10), le 26 février. Lors de l’analyse, Azéma avait été acerbe. Il en était ressorti un leitmotiv : « On n’a pas le droit de se mentir. » Les porteurs du maillot Rouge et Noir ne peuvent galvauder un riche héritage : « Ce n’est pas un poids, c’est une chance », accentue l’ex-Clermontois. Ni décevoir les fidèles passionnés, qui paient leur abonnement et places pour se rendre à Mayol.

Toulon veut entrer dans une phase de modernité

Hors du pré, Azéma a su emmener les supporters de Besagne, dont certains demeurent en désaccord avec la direction, dans une histoire commune. Les scènes de liesse vécues face aux Saracens, - Ollivon, Serin et Belleau sont venus fêter la victoire en tribunes -, sont le fruit d’un retour à l’unité : « Quand nous sommes comme ça, ensemble, ce club est difficile à arrêter », lâche un habitué du Campus, dithyrambique sur les qualités humaines et techniques d’Azéma.

Le développement se poursuit aussi dans les bureaux. Les dirigeants ont appuyé sur des leviers pour prendre un temps d’avance sur la concurrence : investissement dans le Métavers (Web 3.0), lancement de fan tokens - cryptomonnaie conçue pour le monde du sport -, création d’un Hall of Fame regroupant les légendes du club, inauguration d’un nouveau bâtiment au Campus RCT courant 2023 (boutique, restaurant…), mise en place d’un média sur le club. Sur ce point, en plus de Califano, les Rouge et Noir recrutent des forces vives pour développer du contenu vidéo.

Selon nos informations, une réflexion est également menée au niveau de la charte graphique. Plusieurs changements seront apportés. Le fameux slogan « Ici, tout est différent », un marqueur fort des années 2010, est impliqué. Cette stratégie doit à terme faire rayonner la marque RCT et augmenter les revenus du club. Le but est simple : aider l’entité à être moins dépendante des résultats sportifs. Pour l’heure, c’est bien Azéma et ses ouailles qui mènent le rythme de croisière.

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Mathias Merlo
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