L'édito : un match qui change tout

  • L'ouvreur Jules Plisson, en participant à la victoire clermontoise contre La Rochelle, s'est offert une revanche face à son ancien club.
    L'ouvreur Jules Plisson, en participant à la victoire clermontoise contre La Rochelle, s'est offert une revanche face à son ancien club. Icon Sport - Romain Biard
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L'édito du vendredi par Léo Faure... En quelques jours, Jules Plisson n’a pas seulement refermé le douloureux livre de son aventure rochelaise.

D’abord excellent avec les Maritimes, puis en difficulté et finalement placardisé par un entraîneur avec lequel il ne partageait rien, si ce n’est des désaccords, l’ancien Parisien a tout à la fois lancé sa saison sous le jaune et bleu de Clermont, rassuré une partie du public auvergnat qui, il faut le dire, se montrait dubitatif sur sa venue, et livré ce qui restera l’analyse la plus pertinente de l’actualité clermontoise : "si on avait perdu, on aurait dit que Clermont était encore une équipe en transition".

Par ces termes, Plisson acte donc la fin d’une transition longue de trois ans, en Auvergne. Les Clermontois ont gagné et avec la manière, dans une rencontre où ils n’ont eu de cesse de mettre les Rochelais sous pression et dominant la grande majorité des collisions, justement l’immense point fort des Maritimes. Et leur point faible. Inversion des polarités.

En une rencontre, l’ASM, qui semblait plus destinée au ventre mou qu’aux hautes sphères, s’est replacée au classement et dans la considération de ceux qui les analysent. Regard vers le haut. Pas un favori du Top 14 en puissance, non. Mais bel et bien une équipe sur laquelle il faudra compter dans la course aux phases finales. Cela n’avait rien d’évident, il y a quelques semaines.

Clermont, toutefois, n’a pas beaucoup de marge. Les Auvergnats ne peuvent pas s’affranchir de l’énorme cœur à l’ouvrage dont ils ont fait montre face aux Rochelais. En défense notamment, où leur performance fut immense. Mais dès lors qu’ils évoluent à ce niveau d’engagement, les Clermontois passent au vert. Leur jeunesse, qui mit du temps à éclore, répond désormais aux exigences de l’élite. Même plus, si l’on juge par les 29 plaquages (100 %) réalisés par Lucas Dessaigne il y a cinq jours. Record en cours.

Les départs tant craints de Morgan Parra et Camille Lopez, tauliers d’un vestiaire trop souvent sans réaction et qu’ils portaient sur leurs épaules, ont non seulement été bien digérés. Ils ont aussi libéré de l’espace et permis l’éclosion de nouveaux leaders tant souhaités, et qui tardaient à venir. Arthur Iturria, bien sûr, capitaine de cette nouvelle ASM en mutation génétique. Nouvelle équipe, nouvelle méthode, nouvelle identité pour un club qui goûte habituellement si peu au changement. Il y a été contraint, cette fois, par le déclin de ses résultats et une fin de cycle pas toujours pas lissée. Ce changement lui réussit, aussi incarné par une nouvelle présidence. Clermont se réinvente une histoire. Sans faire de vagues, toujours. Mais enfin dans la bonne direction.

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