Pau n’est plus maudit à Deflandre

  • Auteur de quatre essais face aux Rochelais, la Section paloise est la première équipe à faire tomber le champion d’Europe chez lui. D’autant plus inattendu qu’elle n’avait plus gagné à Deflandre depuis 1998.
    Auteur de quatre essais face aux Rochelais, la Section paloise est la première équipe à faire tomber le champion d’Europe chez lui. D’autant plus inattendu qu’elle n’avait plus gagné à Deflandre depuis 1998. Icon Sport - Icon Sport
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La Section a profité d’Halloween pour enfin chasser ses vieux fantômes rochelais, samedi (21-38). L’énorme sensation de cette 9e journée.

Le conte ne dit pas quel sort la délégation de supporters palois a bien pu jeter au chaudron maritime, pour s’offrir une telle troisième mi-temps. Trêve de plaisanterie, la cinquantaine de téméraires venus samedi du Béarn s’en est donnée à cœur joie, entre chants, photos et grosses caisses. Un moment de communion à hauteur de la frustration emmagasinée par la Section, si souvent corrigée à Deflandre. Comme en ce printemps 2019 et cette historique déroute 71-21. Des 23 palois alignés ce jour-là, cinq s’étaient de nouveau donné rendez-vous à Deflandre, ce week-end. Dont les désormais rochelais Hastoy et Lespiaucq. Pour le coup, eux qui pensaient fêter leurs retrouvailles avec les bonbons du festin annoncé ont pris un sacré coup de balai derrière la nuque. Un petit séisme a traversé La Rochelle, samedi soir. « Je m’excuse, j’ai un peu perdu ma voix ! » Dans l’euphorie du moment, Romain Ruffenach, peine encore à réaliser quand il débarque en conférence de presse, une grosse demi-heure après le match. « Je vais vous le dire honnêtement, on n’y pensait pas (à la victoire, N.D.L.R.). On voulait se rassurer sur l’état d’esprit et le contenu du jeu après la belle claque au Stade français. Mais deux trois rebonds positifs pour nous et beaucoup d’envie… » Bien plus, en tout cas, qu’un adversaire jaune et noir très loin de ses galons de champion d’Europe. « La meilleure équipe a gagné, il n’y a même pas photo, tranche avec sincérité Ronan O’Gara. Pau était hyper performant. Quand c’est comme ça, je dois les féliciter ». Classe.

Un exploit ? « Non, une survie nécessaire »

Si les Rochelais ont davantage franchi et battu de défenseurs adverses (18 contre 8), s’ils ont longtemps dominé en mêlée fermée, ils ont aussi et surtout égaré la bagatelle de dix-sept ballons. Dix de plus que des Béarnais bien plus cliniques, bien plus hargneux au sol. Bien plus "fiers", au final. "On se devait de faire un match avec de l’envie et de l’agressivité, pas grand monde ne réussira à faire cette perf-là, jubile le centre néo-palois Yvan Reilhac qui, lui, peut se targuer d’avoir levé les bras à Deflandre pour la deuxième fois de l’année civile. C’est vrai que j’ai gagné ici avec Montpellier (en janvier). "Seb" me l’a dit avant le match. Je prends ce qu’il y a à prendre (sourire), je vais savourer ma première victoire avec Pau."

Savourer, la Section a pu le faire pendant le retour en bus. Mais pas plus d’une bière. Allez, « une bière et demie », consent Sébastien Piqueronies, manager plutôt soucieux de tempérer la portée de ce succès a priori marquant. « Première victoire de Pau depuis 1998 à Deflandre, vous dites ? Je ne connaissais pas cette anecdote. Je m’en tamponne ! Ce qui me plaît, c’est que vingt-trois garçons ont fait preuve de caractère, se sont accrochés à un plan, étaient alignés sur des croyances. Ils n’ont pas fait que des promesses, ils sont passés aux actes. Mais ce n’est pas un exploit, c’est une survie nécessaire. Quatre points de pris, dans notre situation, c’est absolument nécessaire vu que Perpignan a gagné, ça évite de nous mettre très mal. Priorité à l’humilité. L’urgence est de préparer la réception de l’UBB ». Bordeaux-Bègles est prévenu, Pau a faim. Et ce n’est manifestement pas la fin d’une malédiction, une semaine après un bonus défensif à Lyon, qui va le rassasier.

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Romain ASSELIN
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