Toujours plus flou

  • Après l’annulation du match face à l’Angleterre, l’inquiétude des Français de Jacques Brunel est grandissante.
    Après l’annulation du match face à l’Angleterre, l’inquiétude des Français de Jacques Brunel est grandissante. Patrick Derewiany / Midi Olympique / Patrick Derewiany
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L’annulation de la rencontre entre le XV de France et l’Angleterre a jeté un nouveau flou sur l’organisation du XV de France. A neuf jours du quarts de finale, probablement contre le pays de Galles, les interrogations se sont multipliées.

Le flou ambiant entourant le XV de France ne s’est pas éclairci avec l’annulation de la dernière rencontre de cette poule C face à l’Angleterre. Au contraire. Jusque-là, il flottait déjà une forme d’obscurité sur les relations entre le staff technique de Brunel et son capitaine Guilhem Guirado. Au même titre que sur l’entente au sein même du staff, où "les anciens" et "nouveaux" du remaniement de mai ne semblent pas toujours partager la même vision. Et que dire du jeu des Bleus mâtiné d’une épaisse couche de brouillard ? Trois sorties, trois victoires, peu de certitudes. "On a besoin de jouer ce match", pestait d’ailleurs Fabien Galthié mercredi soir sur les coups de 23 h 15 alors que la rencontre face aux Anglais n’avait pas encore été annulée par World Rugby. Devant l’entrée du Nikko hôtel de Kumamoto, accompagné de Jean-Baptiste Elissalde, le futur sélectionneur espérait encore pouvoir se jauger face au XV de la Rose.

Parce que si l’on devait trouver un enjeu à ce "crunch", par-delà, le gain symbolique de la première place, le XV de France ambitionnait surtout de se rassurer après des matchs globalement pauvres dans le contenu. Brunel et ses adjoints avaient décidé d’aligner leur équipe type comme pour mieux l’aider dans sa quête d’automatismes et de repères collectifs. Que pouvait-il bien arriver à ces Bleus ? Prendre une rouste par Owen Farrell et sa bande ? Déjà fait en février dernier (44-8). Qualifiés pour la suite de la compétition, ils auraient alors peut-être tout simplement montré un visage libéré de toute pression. Un visage offensif et séduisant comme aperçu durant quarante minutes face à l’Argentine à Tokyo. Las, on ne le saura jamais.

Quatorze jours sans match

Jeudi matin à Kumamoto, avant l’annonce officielle de l’annulation faite par World Rugby, Laurent Labit, un des adjoints de Jacques Brunel, gardait sur son visage un sourire de circonstance. "Il y a des choses plus graves, disait-il, mais il serait bien que l’on trouve vite une équipe dans le coin pour organiser une opposition." Et pour cause. Entre la dernière rencontre disputée face au Tonga et le prochain quart de finale, probablement face au Pays de Galles, il se sera écoulé quatorze jours. À l’échelle du rugby, c’est immense. Le risque d’un manque de rythme est aussi grand. Un exemple ? Un garçon comme Antoine Dupont, assurément titulaire pour le quart de finale, sauf blessure, ne compte que 99 minutes de compétition depuis le dernier match de préparation face à l’Italie le 30 août dernier. Le chiffre est famélique, l’inquiétude grandissante.

À l’heure du départ, jeudi peu après 13 heures, en direction d’Oïta, le XV de France s’est donc plongé encore un peu plus dans l’inconnu. Sur le plan logistique, les Bleus ont tout de même réussi à dénicher un hôtel susceptible d’accueillir dans de bonnes conditions une si grande délégation. Ils se sont donc installés à l’hôtel Nikko Oïta Oasis Tower, un élégant établissement qui a le bon goût de se situer à seulement 6 minutes du centre d’entraînement. À tel point que la FFR a officiellement fait la demande auprès de World Rugby de pouvoir y séjourner jusqu’au quart de finale. Une requête qui n’est pas certaine d’aboutir. Le règlement prévoit que les équipes logent dans les hôtels homologués par la Rugby World Cup. Aussi, si la demande n’aboutit pas, Brunel et ses hommes devront déménager lundi matin. Une simple péripétie de plus.

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