Mirco Bergamasco : sa famille au cœur du virus

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CORONAVIRUS - L'entraîneur des trois-quarts du SAXV (Pro D2) Mirco Bergamasco, natif de Padoue où vivent encore ses parents et une grande partie de sa famille dont son frère Mauro, lui aussi ancien international italien (106 sélections), vit avec philosophie la situation des siens, toujours en quarantaine depuis le 23 février. Témoignage.

 

Au téléphone, Mirco Bergamasco a toujours son bel accent italien. Mais sa voix est parfois teintée de gravité. L'ancien ailier international italien (83 sélections), aujourd'hui entraîneur de Soyaux-Angoulême (Pro D2) avec Adrien Buononato, ne cache pas l'inquiétude qui fut la sienne ces dernières semaines. Et pour cause. Dimanche 23 février, plus de 50 000 Italiens se sont réveillés en quarantaine. Le gouvernement de Giuseppe Conte venait de publier un décret-loi plaçant en isolement onze communes. La première zone couvrait dix cités lombardes, autour de la ville de Codogno, foyer de l'épidémie, au sud de Milan. La seconde concernait le village Vo’Euganeo proche de Padoue en Vénétie à 200 kilomètres à l'est de Codogno. « Mes parents, mon frère Mauro, mes oncles, mes tantes, mes cousins vivent toujours à Padoue, raconte celui qui a participé aux belles heures du Stade français entre 2003 et 2010 et qui a remporté deux Brennus avec le club parisien. C'est quasiment l'épicentre du virus. »

Depuis, l'ancien « Dieux du Stade » vit au rythme des échanges sur facetime, des appels téléphoniques, des sms envoyés par les uns ou les autres. « Chaque matin, j'appelle mes parents et j'avoue que j'ai toujours un peu le cœur serré en attendant qu'ils me répondent et qu'ils me disent que tout va bien, témoigne-t-il. Pour l'instant, tout va bien. Ils attendent que les choses s'améliorent, ne prennent pas de risque. J'ai la chance que mes parents soient en bonne santé et qu'ils respectent parfaitement les recommandations. Et j'espère que ça va continuer. »

Lorenza a 67 ans, Arthuro a fêté ses 69 printemps dimanche dernier. Ils se sont organisés pour ne manquer de rien. « Ils vivent dans un bunker et ne manquent de rien, sourit Mirco. Ils peuvent rester trois mois chez eux, ils ne mourront pas de faim. Mais ils doivent être patients. J'essaie d'ailleurs de sensibiliser autour de moi les gens à ce qui nous attend en France. Mais, tout le monde ne prend pas conscience de la réalité de la situation. » Et d'ajouter, un peu agacé : « Il y a quelques jours, j'entendais à la télévision des Français qui se moquaient des Italiens. Mais ceux-là vont passer pour des c... Il y a certes des failles dans le système de santé en Italie, mais il est très difficile de faire face à ce genre de situation. Est-ce qu'on va faire mieux en France ? J'espère mais quand je vois qu'on demande aux gens d'aller voter mais de ne pas aller au parc avec les enfants, ça me paraît un peu débile. » Adrien Buononato, le manager de Soyaux-Angoulême témoigne. « Au début, on se moquait un peu de Mirco, aujourd'hui beaucoup moins. »

À cette heure, le rugby semble loin des préoccupations de Mirco Bergamasco. Evidemment, avec le staff du club angoumoisin, il travaille pour élaborer une éventuelle reprise de l'entraînement selon les différents scénarios élaborés par la Ligue Nationale de Rugby. « J'ai comme l'impression que nous ne sommes pas sortis de l'auberge, dit-il. J'ai peur que la saison 2019/2020 soit finie. » Et de conclure : « De toute façon, le plus important, c'est la santé des gens et de mettre fin à la propagation du virus ».

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