Reconversion : Pierre Bernard, traiteur intraitable

  • Pierre BERNARD
    Pierre BERNARD / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

L’annonce de la fin de sa carrière professionnelle et de son départ pour le Bassin d’Arcachon, en Fédérale 1, a suscité beaucoup de bruits et de rumeurs… Sauf que celui-ci était étroitement lié avec un projet de reconversion savamment mûri pendant le confinement, dans lequel Pierre Bernard s’est désormais lancé corps et âme.

C’est peu dire que l’annonce de la retraite de Pierre Bernard a été diversement perçue et commentée. Il faut dire qu’à 31 ans seulement, l’ouvreur passé par Bayonne, Castres, Bordeaux, Toulon ou Biarritz avait semble-t-il encore quelques belles saisons sous la semelle. Si bien que la nouvelle de son arrivée au Bassin d’Arcachon n’en paraissait que plus incongrue, jusqu’à ce que l’intéressé nous en explique lui-même la raison profonde.

"J’ai passé douze ans dans le rugby professionnel, et comme je suis plutôt du genre à m’engager à 150 % dans tout ce que je fais, j’ai mangé rugby, bu rugby, dormi rugby pendant 12 ans. Sauf que je suis arrivé à un âge où j’ai désormais une certaine maturité… Ma priorité, aujourd’hui, c’était de construire mon après-rugby, et je voulais que mes dernières saisons y contribuent." D’où le choix plutôt radical que l’on vient d’évoquer… "J’ai été contacté par pas mal de clubs professionnels que je remercie pour leur intérêt, glisse Bernard. Mais là où le projet du Bassin d’Arcachon m’a plu, c’est qu’il me permettait justement de travailler ma reconversion. Vincent Manta, que je connaissais des sélections de jeunes, m’appelait tous les jours sans que je lui réponde… Quand j’ai enfin décroché mon téléphone, il m’a exposé son projet, et cela a fait tilt tout de suite parce qu’il proposait de m’aider dans ma reconversion. D’autant que l’idée de continuer ma carrière en Fédérale me semblait la passerelle parfaite pour effectuer une transition entre ma vie de rugbyman professionnel et mon après-carrière."

Le logo du concept "Mômes - Bande de gourmets".
Le logo du concept "Mômes - Bande de gourmets".

Un projet ressorti des cartons scolaires

Cette reconversion, justement ? Son originalité réside probablement dans le fait qu’elle fut planifiée durant le confinement. Et peut-être aussi dans le fait que, pour une fois, les études validées par Pierre Bernard durant ses années en centre de formation auront servi à quelque chose… "Quand j’étais au centre de formation de Bayonne, pour valider mon BTS MUC, j’avais effectué un stage chez Esprit Traiteur à Toulouse, tenu par mes deux frères Pascal et Henri. Et pendant le confinement, alors que je tournais en rond, je me suis dit : pourquoi ne pas utiliser ce que j’avais fait à l’époque pour me lancer ? En effet, pour mon projet scolaire, j’avais imaginé une antenne d’Esprit Traiteur au Pays basque. Je l’ai donc ressorti des cartons, et je me suis lancé avec mon frère Pascal, qui vit au Pays basque et effectuait les prestations notamment les prestations traiteur de l’Aviron bayonnais, lorsque j’y évoluais… Un troisième associé s’est joint à nous, Mikel, que je connais depuis mes débuts dans le rugby pro."

Et voilà comment le concept "Mômes-Bande de gourmets" s’est bâti en l’espace de quelques semaines, comme une évidence. "Le projet est axé autour de la gastronomie du Pays basque. Comme j’ai toujours aimé la bonne cuisine et ce milieu, j’ai eu la chance par le biais du rugby de rencontrer des personnes qui font référence dans le milieu. Un restaurateur comme Sébastien Gravé de la Table de Pottoka, un producteur comme Eric Ospital. L’idée est donc de m’appuyer sur ce réseau-là pour proposer diverses prestations, qui vont de petit resto pour 10 personnes entre potes au mariage à plus de 250 personnes. Le jeu de mots vaut ce qu’il vaut, mais après le "Restez chez vous", on développe le "Resto chez vous". Ça nous semble plutôt dans l’air du temps…"

Premières prestations chez Saubusse et Huget

Un concept qui se déclinera donc du Pays basque au Bassin d’Arcachon, au travers de cette mutation rugbystique qui fait plus que jamais sens. "J’ai aussi beaucoup de liens là-bas, comme l’ostréiculteur Joël Dupuch ou le restaurant chez Pompon, pointe l’ouvreur aux plus de 1500 points inscrits en carrière professionnelle. Inconsciemment, cela me fait plaisir de me rapprocher de ce qui a été mes meilleures années rugbystiques. Mais surtout, cela me permet d’être présent sur toute une zone géographique, qui va du Pays basque au Bassin d’Arcachon. Pour le développement de mon entreprise, c’est génial."

"Pendant le confinement, alors que je tournais en rond, je me suis dit : pourquoi ne pas utiliser ce que j’avais fait à l’époque pour mon BTS ? J’ai donc ressorti des cartons l’idée que j’avais élaborée dans le cadre de mon projet scolaire, et je me suis lancé…"

Les journées de Pierre Bernard s’avèrent dorénavant des plus chargées… "Je vais rester habiter sur Anglet, et effectuer les allers-retours à Arcachon pour m’entraîner… C’est le début de la vraie vie, bosser la journée, m’entraîner le soir. Mais cela ne m’effraie pas, au contraire. J’ai été élevé à la mamelle de ce rugby-là puisque mon père était entraîneur d’un petit club, à Carbonne, et que je le suivais tous les dimanches dans mon enfance. C’était même important que de goûter à ce rugby-là." Quand bien même Pierre Bernard ne se fait aucune illusion quant à ce qui l’attend dorénavant tous les dimanches, rendant les lundis matins toujours plus difficiles… "Je me doute que je serai certainement visé, et que je me ferai insulter tout au long des mains courantes, s’amuse-t-il. Mais comme je vous le disais, ça me plaît de retrouver le goût du rugby amateur avant de raccrocher les crampons." Le tout en s’appuyant sur le réseau du rugby pro pour lequel Pierre Bernard a réalisé ses premières prestations, chez ses anciens partenaires Emmanuel Saubusse ou encore Yoann Huget. Un joli symbole, à l’aune de cette nouvelle vie…

 

 

 

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir