L'UBB, de la renaissance à la cour des grands

  • Cameron Woki (UBB), en preneur de balle en touche.
    Cameron Woki (UBB), en preneur de balle en touche. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

L’Union Bordeaux-Bègles s’est qualifiée pour la première fois pour le Top 6.

Le 22 mai 2011, un peu à la surprise générale, l’UBB montait en Top 14, en battant Albi (21-14) en finale d’accession jouée à Agen. Jamais une équipe classée cinquième du Pro D2 n’avait réussi pareil exploit, aucune ne l’a fait depuis. Matthew Clarkin était capitaine, Marc Delpoux, Vincent Etcheto et Laurent Armand entraînaient.

Une décennie plus tard, l’UBB va enfin découvrir les phases finales. Celles de Top 14, cette fois. La victoire facile remportée face à Montpellier mardi (57-3) combinée à la victoire sans bonus du Stade français face à Lyon vendredi a scellé l’heureux sort des Girondins. Ils ont joué à Toulon samedi sans aucune pression du résultat. Quoi qu’il arrive, ce printemps 2021 restera donc comme une borne dans l’Histoire de ce jeune club.

Il aura donc fallu dix ans au président Laurent Marti pour passer ce cap. Dix ans, c’est assez long, évidemment. Car plusieurs fois, le club manqua le coche de très peu. Il fut raillé pour ça.

Avec un minimum de recul, la progression de l’UBB fut finalement assez linéaire. Deux ans à jouer le maintien (2012 et 2013), le reste à regarder vers le haut, malgré quelques déceptions et quelques contretemps. En 2013, l’UBB envoyait son premier joueur chez les Bleus (Camille Lopez). En 2015, le club se qualifiait pour sa première Champions Cup, sous la houlette de Raphaël Ibanez. à l’automne 2020, il découvrait sa toute première phase finale, en Challenge européen. En 2020 toujours, les Girondins de Christophe Urios avaient caracolé en tête du Top 14 quand la pandémie nommée « Covid-19 » avait stoppé le championnat : cas unique d’une trajectoire euphorique brisée du jour au lendemain. Mine de rien, il fallait quand même s’en remettre. Christophe Urios et son staff ont relevé ce défi, sans trop trembler.

L’arrivée de l’ancien coach de Castres, à l’été 2019, ressemble donc à la pose de la pierre nécessaire à l’achèvement du grand projet. Elle fait figure de revanche sur le sort cruel de décembre 2017, quand Jacques Brunel fut enlevé au club pour prendre en mains le XV de France. Un soubresaut qui s’est avéré difficile à surmonter.

Chaban : facteur décisif

La réussite de l’UBB est d’abord l’histoire d’une relance d’un bastion en jachère. Depuis la relégation administrative du CA Bordeaux-Bègles, en 2003, le premier fief provincial de l’histoire du rugby français n’était plus représenté dans l’élite. Il fallut en passer par une fusion entre deux rivaux en difficulté : le Stade Bordelais et le CABBG, dix Brennus à eux deux. Un crève-cœur pour certains, mais un vent d’optimisme pour le grand public. Premier budget : 3,5 millions d’euros. Premier président : Frédéric Martini ; Laurent Marti n’est arrivé à l’Union qu’au bout d’un an.

L’entrepreneur du textile est évidemment un personnage clé de l’ascension de l’UBB. Par sa générosité d’abord, il a largement mis la main à la poche au début.Par sa persévérence et sa détermination, ensuite. Puis, par une intuition décisive : le déménagement à Chaban-Delmas, le stade des Girondins de Bordeaux (34 000 places). L’UBB y a trouvé un public énorme, colossale surprise à rebours de tous les clichés qui circulaient sur Bordeaux (il faut se souvenir que le Stade André-Moga et ses 9 000 places avaient du mal à faire le plein).

On a souvent dit que le jeu hyperoffensif imaginé à l’origine par Marc Delpoux (et relayé par Vincent Etcheto) y fut pour beaucoup. Peut-être. D’autres ajouteront que l’accessibilité du stade a fait le reste. En tout cas, qui aurait dit en 2010  que l’UBB pourrait compter sur le soutien du public le plus nombreux d’Europe ? Et que le ballon ovale, longtemps relégué à l’arrière-plan, retrouverait des lettres de noblesse aussi éclatantes à Bordeaux ? Mine de rien ces dix ans, 2011-2021, furent le théâtre d’une sacrée renaissance, à rebours de bien des prédictions. Il paraît qu’il ne faut jamais cesser d’entreprendre, c’est la beauté de la vie. Laurent Marti ne reniera sans doute pas cet adage.

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