JO 2020 : trois jours pour l’histoire

  • Les Bleues ont décroché la première médaille française dans l’histoire du rugby à 7 aux jeux Olympiques. Malgré la défaite en finale contre les Néo-Zélandaises, les Françaises ont célébré leur magnifique parcours en portant leur capitaine Fanny Horta (en haut). Anne-Cécile Ciofani, submergée par l’émotion durant les hymnes, a terminé meilleure marqueuse française des JO. Photos Icon Sport
    Les Bleues ont décroché la première médaille française dans l’histoire du rugby à 7 aux jeux Olympiques. Malgré la défaite en finale contre les Néo-Zélandaises, les Françaises ont célébré leur magnifique parcours en portant leur capitaine Fanny Horta (en haut). Anne-Cécile Ciofani, submergée par l’émotion durant les hymnes, a terminé meilleure marqueuse française des JO. Photos Icon Sport Icon Sport - Icon Sport
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Certainement déçues par une finale frustrante où elles n’ont pas pu s’exprimer, les Bleues à VII ont néanmoins signé un parcours sublime, courronné par une médaille d’argent. Retour sur trois jours qui ont fait entrer le rugby français dans l’histoire des Jeux.

Tout va très vite, dans le rugby à VII. Sur le terrain, la moindre erreur se paie cash. Et dans les têtes, on passe d’une émotion à une autre en un clin d’œil. C’est ça, le VII. C’est beau, et cruel à la fois. Beau parce que c’est certainement la forme la plus spectaculaire du rugby. Mais cruel parce que tout va si vite que des mois de travail et de sacrifices peuvent être ruinés en une fraction de seconde. Des émotions, nos Bleues à VII nous en ont fait vivre en pagaille, et en trois jours seulement. Jusqu’à cette finale qui nous laissera un goût amer en raison de la sévérité de l’arbitre anglaise Sara Cox, décidément intraitable avec les équipes de France, qu’il s’agisse du VII ou du XV. Mais qu’importe. Avec cette médaille d’argent, les coéquipières de Fanny Horta ont écrit une sublime page du rugby français, et sont entrées dans l’histoire. Elles ont aussi pris leur revanche sur les Jeux de Rio, en 2016, où elles avaient été sorties par les Canadiennes en quarts de finale (15-5), terminant à la sixième place après une dernière défaite contre les Américaines (19-5).

Message caché dans la victoire contre les Fidji

Et quelle revanche ! Au départ, on n’avait pas vraiment perçu le tour de force que les Bleues avaient réalisé en match d’ouverture. Une victoire 12 à 5 acquise contre les Fidji, une équipe dont on ne savait finalement que peu de choses si ce n’est qu’elles n’étaient pas censées s’inviter dans le dernier carré de la compétition. Sauf qu’en réalité, les Mélanésiennes ont été la sensation de ce tournoi olympique ! Après avoir perdu face aux Françaises, elles ont remporté tous leurs matchs pour se hisser en quarts où elles ont éjecté de la course au sacre les Australiennes de Charlotte Caslick, puis poussé les Néo-Zélandaises jusqu’en prolongations en demi-finale avant de s’adjuger avec autorité une médaille de bronze sur des Anglaises débordées de toutes parts.

Les Françaises avec leurs médailles d'argent aux JO de Tokyo
Les Françaises avec leurs médailles d'argent aux JO de Tokyo Icon Sport - Icon Sport

Nos Bleues avaient donc annoncé la couleur en dominant les Fidjiennes. Une victoire qui les lançait parfaitement dans le tournoi, et leur permettait d’aborder la suite avec confiance. Le deuxième match, disputé le même jour face au Brésil montra les premiers signe de la montée en puissance des Bleues, avec pas moins de six essais marqués dont deux doublés d’Anne-Cécile Ciofani et Lina Guérin. Score final : 40 à 5.

Le lendemain, les joueuses du sélectionneur David Courteix frappaient un grand coup en punissant des Canadiennes qui auront été l’une des grandes déceptions de ce tournoi olympique. Là encore, on a eu droit à un match à sens unique : 19-0 à la mi-temps, et 31-0 au coup de sifflet final. Une victoire qui offrait aux coéquipières de Fanny Horta un quart de finale face aux surprenantes Chinoises.

Les Asiatiques n’ont toutefois rien pu faire face à la puissance de Séraphine Okemba, auteure d’un doublé et sensation de ces trois jours. La victoire 24-10 envoyait les Tricolores en demi-finale contre les Anglaises. Un match qui, bien qu’il fut diffusé à 4 h 30 du matin, fit lever toute la France du rugby au vu des innombrables réactions sur les réseaux sociaux. Plus agressives, précises, tranchantes et réalistes, elles ont maîtrisé la rencontre de bout en bout, avec un nouveau festival de Ciofani (encore un doublé) et de très belles prestations de Coralie Bertrand, Séraphine Okemba et Camille Grassineau qui permirent aux Bleues de s’imposer 26-19.

Finale frustrante, médaille méritée

On s’est alors dit qu’elles avaient toutes leurs chances en finale, d’autant que les Black Ferns avaient été poussées dans leurs derniers retranchements par les Fidjiennes, qui ne furent vaincues qu’en prolongations. Dans un sport aussi exigeant que le rugby à VII, chaque minute de jeu représente une dépense énergétique colossale. Les Néo-Zélandaises auraient pu en payer le prix.

Elles l’ont fait payer d’ailleurs, car on les a vu émoussées en première mi-temps sur l’action qui mena à l’essai de Caroline Drouin. Le problème, c’est que les Bleues n’ont ensuite plus jamais eu la possession. Ceci s’explique autant par la maestria des Kiwis que par l’incroyable sévérité avec laquelle l’arbitre anglaise Sara Cox sanctionna les Françaises. In fine, les Tricolores n’ont donc pas pu s’exprimer pleinement sur cette finale, et ce sera certainement leur plus grand regret. Car on est certain qu’elles avaient les armes et la solidarité collective pour faire plier les Néo-Zélandaises. Avec ce parcours admirable, nos Bleues à VII nous on fait vibrer. Dans le même temps, elles ont encore popularisé le rugby féminin et certainement suscité de nombreuses vocations chez les petites filles qui les ont admirées à la télévision. Alors cocorico, et bravo les filles !

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