Test match - France - All Blacks : pour Dupont, c’est l’heure de dépasser le(s) maître(s)

  • Antoine Dupont face à l'Argentine
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Publié le , mis à jour

Quatre ans après sa première confrontation avec Aaron Smith et TJ Perenara, le capitaine des Bleus brigue désormais le statut de meilleur joueur du monde. Une quête dans laquelle une victoire samedi serait bien plus qu’un symbole…

Le temps des compliments est enfin révolu, pour laisser place à celui de la compétition. Car si Antoine Dupont n’affrontera pas pour la première fois ses modèles néo-zélandais Aaron Smith et TJ Perenara (avec qui leurs routes se sont déjà croisées pendant 72 minutes voilà quatre ans au Stade de France, pour une large défaite 18-38), on ne fera pas offense à celui qui portait depuis seulement quelques mois le maillot du Stade toulousain en affirmant qu’à l’époque, Antoine n’était pas encore devenu Dupont. Ce même Dupont qui, quatre ans plus tard, s’est vu qualifier par Aaron Smith de «meilleur joueur d’Europe», puis «du monde», le champion du monde 2015 arguant avec humilité que le Français « fait à la fois la différence avec son club et son équipe nationale, et m’aide à essayer de m’améliorer en observant son jeu. Il est irréel ! »

Trop poussé pour être honnête, comme hommage ? On ne le pense même pas, à vrai dire. Parce que Smith, brillant éjecteur et stratège, sait pertinemment souffrir de la comparaison avec Dupont sur le plan purement physique et athlétique, tandis que le plus solide TJ Perenera semble un bon cran derrière le français, notamment en matière de jeu au pied. On précisera en effet à ce sujet qu’après ses blessures aux ligaments croisés et au dos, Dupont en a profité pour travailler avec acharnement la précision et la longueur de son «mauvais» pied, au point d’être devenu aujourd’hui parfaitement ambidextre, une rareté même au niveau international.

Autant de qualités susceptibles de faire de Dupont le joueur le plus complet de tous ? Nombreux sont ceux qui le pensent, à commencer par son coéquipier de club Charlie Faumuina. «J’ai eu la chance de jouer avec Smith et Dupont, et je crois qu’Antoine a des qualités très spéciales. Ce sont deux joueurs incroyables, mais qui ont des supers pouvoirs différents. Aaron n’est pas aussi physique qu’Antoine, il défie moins les défenses. Toto, il est st différent. Il peut te faire un exploit avec rien du tout. Il est vraiment puissant mais il te feinte, il prend le trou, va défier un défenseur et te sert après contact, le tout en une fraction de seconde…

Franchement, je n’aimerais pas avoir à l’affronter ! Aaron n’a pas cet atout dans le défi individuel, mais son génie, c’est sa qualité de passe. Dans n’importe quelles conditions, il va te faire la même passe parfaite. Dans tous les cas, elle sera rapide, longue et tendue. Et ça, c’est extrêmement rare chez les demis de mêlée, dont la qualité de passe dépend généralement beaucoup de la qualité du ruck. »

Sources d’inspiration

Un point fort sur lequel Smith s’est d’ailleurs affirmé voilà quelques semaines, en relevant face à Dupont un défi de la « passe la plus rapide » organisé à distance par World Rugby sur les réseaux sociaux. Une victoire à la Pyrrhus, d’ailleurs, pour laquelle Smith n’avait pas hésité à balancer une «saloperie» d’une seule main, pour s’adjuger sur le fil la victoire (69 km/h contre 67). Preuve que pour conserver le leadership face au jeune loup, le «vieux» était encore prêt à tout…

Cet enjeu, tout individuel ? Il sera encore présent sur la pelouse du Stade de France et, pour tout dire, éminemment symbolique des deux équipes, entre une France qui souhaite affirmer son statut de nouvelle puissance en l’emportant pour la première fois de son histoire face aux Blacks à Saint-Denis, et des Néo-Zélandais désireux de marquer leur territoire à deux ans du match d’ouverture de la Coupe du monde… Voilà pourquoi, pour le capitaine qu’incarne désormais Antoine Dupont, ce rendez-vous face à ses anciens maîtres (dont il a toujours admis s’être inspiré dans la manière d’anticiper les coups pour se projeter dans ses fameuses courses de soutien qui lui ont valu le pompeux surnom de ministre de l’Intérieur) ne saurait être qu’exceptionnel. Et validerait autant le vrai retour du XV de France au sommet de l’affiche que son statut de meilleur joueur du monde en 2021, que Word Rugby n’aurait plus aucune raison de ne pas lui attribuer…

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NicolasZANARDI
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