Technique - Un match, trois questions

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Publié le , mis à jour

Pour leur match de reprise, les Bleus de Fabien Galthié se sont offerts une large victoire face à un adversaire de choix, le pays de Galles, à qui ils se sont offerts le luxe d'inscrire cinq essais grâce notamment à une belle adaptation offensive. Mais pas sans quelques défaillances...

Faut-il s'inquiéter des duels aériens perdus ?

  • Une défaillance à corriger d’urgence

La gestion des ballons hauts fut, avec l’indiscipline observée durant la première demi-heure, les deux gros points noirs de la prestation des Bleus au Stade de France. Tout a mal commencé avec ce coup d’envoi mal négocié par le numéro huit Grégory Alldritt. L’arrière Anthony Bouthier fut lui aussi en difficulté dès la 3e minute, Romain Ntamack relâcha un ballon après réception d’une chandelle (15e), Bouthier commit deux autres fautes quasiment coup sur coup (36e et 38e). Ce dernier fut remplacé par Thomas Ramos qui fut pris à défaut à la 56e minute. Heureusement, des joueurs comme Romain Ntamack et Charles Ollivon sont parvenus à stopper l’hémorragie, à l’image de ce renvoi à la 43e très bien capté par le capitaine tricolore. Mais le cas qui nous interroge le plus est celui de Teddy Thomas. Malgré sa vitesse de pointe fulgurante, le Racingman n’a jamais trouvé le moyen d’aller disputer - et donc de remporter - des duels aériens qui auraient pu permettre aux Français de gagner du terrain ou au moins de mettre sous pression le triangle arrière gallois. Une défaillance qui n’échappera certainement pas aux Irlandais, connus pour leur maîtrise du jeu au pied tactique et leur capacité à mettre la pression à l’adversaire au point de chute.

Les Bleus se sont-ils adaptés à la défense galloise ?

  • Ntamack et Fickou, ces régulateurs magnifiques

Cueillis à froid par un essai (trop) facilement inscrit par l’arrière gallois Leigh Halfpenny, les Bleus ont vécu un premier quart d’heure cauchemardesque. Maladroits, imprécis et incapables de s’imposer sur la ligne d’avantage, les hommes de Charles Ollivon ont concédé un nombre ahurissant de pénalités qui les ont empêchés d’imposer leur jeu. Et les rares fois où ils ont pu enchaîner quelques séquences de jeu durant ces vingt premières minutes, ils se sont heurtés à la défense ultra-agressive des Gallois. Bien déterminés à museler les facteurs X que sont Virimi Vakatawa ou Teddy Thomas, les coéquipiers d’Alun-Wyn Jones ont opté pour une défense inversée très agressive, matérialisée par des montées foudroyantes des centres Nick Tompkins et Jonathan Davies afin de couper les extérieurs. Heureusement, les Bleus ont trouvé la parade en redirigeant leurs courses vers l’intérieur, à l’image de Romain Ntamack dont la percée à la 11e minute, suivie du relais d’Antoine Dupont, amena à l’essai de Cyril Baille marqué quelques instants plus tard.

Romain Ntamack et Gaël Fickou contre le pays de Galles de Dan Biggar
Romain Ntamack et Gaël Fickou contre le pays de Galles de Dan Biggar Icon Sport - Icon Sport

La scène se reproduisit une vingtaine de minutes plus tard, peu avant le deuxième essai marqué par Antoine Dupont. Cette fois, c’est le centre Gaël Fickou qui fut un formidable régulateur de l’attaque bleue. Sur un ballon de récupération à hauteur des 40 mètres gallois, les Diables rouges se ruèrent sur les extérieurs du centre du Stade français. Fickou temporisa, obliqua sa course vers l’intérieur, et trouva le soutien de Virimi Vakatawa qui servit Dupont. Deux situations qui montrent comment les Bleus ont su profiter des excès de zèle défensifs des Gallois, quand ces derniers les commettaient. Car sur le deuxième essai français (le premier d’Antoine Dupont), on voit que les Gallois se contentent de rester à plat. Voyant cela, Romain Ntamack n’a alors pas hésité à écarter le jeu vers Vakatawa, qui servit Thomas d’une passe après contact lumineuse. L’ailier du Racing n’avait plus qu’à remettre à l’intérieur pour son demi de mêlée. Dans le sillage de Ntamack et Fickou, superbes aiguilleurs de l’attaque tricolore, les Bleus ont fait preuve d’une très belle adaptation offensive. Et ça, c’est de très bon augure en vue de l’Irlande…

Que penser de l'indiscipline française ?

  • Les Bleus ont stoppé l’hémorragie

On entend souvent qu’au-delà de dix pénalités concédées, il est impossible de remporter un match international… Samedi soir, les hommes de Charles Ollivon avaient quasiment atteint ce chiffre fatidique après seulement… 25 minutes de jeu, puisqu’ils comptaient déjà neuf pénalités sifflées contre eux. Un véritable cauchemar, en grande partie expliqué par la domination physique des Gallois sur la ligne d’avantage et les zones de collisions, où les soutiens tricolores se faisaient chahuter à l’image de Cros, Alldritt ou Baille qui furent les premiers à être pris par la patrouille. Fort heureusement, les Tricolores ont su corriger le tir. D’abord en scorant, ce qui eut pour effet de leur redonner de la confiance et d’entamer celle des Gallois. Ensuite en se montrant plus dominateurs sur la ligne d’avantage, facilitant ainsi le travail des soutiens offensifs qui prirent clairement l’avantage sur les adversaires. Signe que les Bleus sont parvenus à stopper l’hémorragie, ils ont terminé la rencontre avec un total de 14 pénalités concédées. Cela veut dire qu’ils n’ont commis que cinq fautes dans les 55 minutes restantes. Une rigueur qu’il faudra absolument conserver face au XV du Trèfle, tout en évitant de réaliser la même entame que face au pays de Galles…

Bernard Le Roux et François Cros en train de récupérer le ballon dans les mains de Nicky Smith lors du match France - pays de Galles
Bernard Le Roux et François Cros en train de récupérer le ballon dans les mains de Nicky Smith lors du match France - pays de Galles Icon Sport - Icon Sport

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Les commentaires (1)
Bobovalie Il y a 1 mois Le 28/10/2020 à 17:14

Vive le XV de France !!!