Traction avants : métamorphosé, le pack bleu fait de nouveau peur

  • Le paquet d’avants français emmenée par Uini Atonio et Paul Willemse (page de gauche) est le plus lourd du Tournoi. Pour suppléer ces titulaires, le staff français peut s’appuyer sur le sang frais de son banc, avec notamment Peato Mauvaka, Romain Taofifenua et Thibaud Flament  Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Le paquet d’avants français emmenée par Uini Atonio et Paul Willemse (page de gauche) est le plus lourd du Tournoi. Pour suppléer ces titulaires, le staff français peut s’appuyer sur le sang frais de son banc, avec notamment Peato Mauvaka, Romain Taofifenua et Thibaud Flament Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany Midi Olympique - Patrick Derewiany
  • Le paquet d’avants français emmenée par Uini Atonio et Paul Willemse (page de gauche) est le plus lourd du Tournoi. Pour suppléer ces titulaires, le staff français peut s’appuyer sur le sang frais de son banc, avec notamment Peato Mauvaka, Romain Taofifenua et Thibaud Flament  Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Le paquet d’avants français emmenée par Uini Atonio et Paul Willemse (page de gauche) est le plus lourd du Tournoi. Pour suppléer ces titulaires, le staff français peut s’appuyer sur le sang frais de son banc, avec notamment Peato Mauvaka, Romain Taofifenua et Thibaud Flament Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Louée pour la vitesse de son rugby et ses fulgurances offensives, l’équipe de France construit pourtant son renouveau sur un élément central : le combat devant, dans lequel elle est de nouveau crainte de toute la planète.

On avait rencontré Fabien Galthié au lendemain de sa prise de fonction de sélectionneur, durant ces fêtes de Noël 2019 coincées entre un Mondial japonais frustrant et un premier Tournoi qui allait propulser les Bleus dans une nouvelle dynamique. De Galthié, on avait gardé en tête les années montpelliéraines et ce jeu de trois-quarts sur plusieurs rideaux, façon rugby à XIII. Les phases finales de 2011 et ce rugby total, où avants et trois-quarts du MHR participaient d’un même élan à l’animation offensive. La Coupe du monde au Japon, aussi, où Galthié adjoint (pas) comme les autres avait remis sur pieds des schémas d’attaque décents, en quelques mois seulement. À sa rencontre, nos premières questions avaient donc porté sur ces sujets. Il nous avait pris à contre-pied. Pour poser le décor, la thématique "identité de jeu" était titrée : "Une équipe qui ne lâche rien."

"La première des choses, c’est d’avoir une conquête qui fait peur"

Toujours au sujet du caractère, Galthié développait ensuite : "La base du rugby est là : la touche, la mêlée, la défense, les mauls. L’agressivité, en fait. Et c’est un sujet identitaire. […] La première des choses, pour ceux qui porteront bientôt ce maillot, c’est d’avoir une conquête qui fait peur. Le caractère de cette équipe, son identité, tout cela reste à construire. Une équipe qui ne lâche rien, par exemple. C’est ce qu’on souhaite." Micro éteint, il parapherait de façon plus directe, plus crue. Plus efficace, aussi : "On doit faire peur. Il nous faut des joueurs qui font peur à l’adversaire et qui font pousser des coui**** à leurs coéquipiers."

Le constat de dureté des Bleus dans l’adversité naît de là. C’était souhaité, presque théorisé. Certainement pas un hasard lié à l’accumulation des forts caractères de la génération actuelle. La preuve : parmi les huit avants qui ont débuté en écosse, il y a dix jours, seul Cameron Woki a connu sa première sélection sous la houlette de Galthié. Les autres étaient déjà là, avant lui, et participaient aux naufrages réguliers du XV de France. Aujourd’hui, ils sont comme transformés, transcendés, enragés.

Le symbole Atonio

Au-delà du management et de l’esprit de révolte, puis de confiance qu’il a instauré, le staff des Bleus tient également sa part de satisfecit dans le choix des hommes. Pour mieux faire briller les individualités derrière, Galthié et ses adjoints ont installé quelques combattants de premier choix., devant Alldritt d’abord. Willemse aussi, en deuxième ligne, à un poste de numéro 5 où l’après-Vahaamahina avait un temps fait craindre une pénurie, dans ce profil.

Le Sud-africain s’est pris au jeu, a perdu les quelques kilos demandés pour gagner en mobilité sans perdre en férocité. En première ligne, William Servat a également choisi de redonner sa chance à Uini Atonio et ses 140 kilos, hors taxe. "Avec Willemse derrière lui, ça vous fait un axe droit à près de 300 kg" remarquait Patrice Collazo, la semaine dernière dans nos colonnes.

Disparu des radars pendant plus deux ans (une seule sélection entre juin 2018 et novembre 2020), Atonio fait aujourd’hui figure de titulaire à droite de la mêlée. Oublié le gentil nounours des années Saint-André : Atonio a musclé son jeu, tape fort en défense et s’illustre de charges dévastatrices en attaque. Plus que des progrès physiques ou des habiletés techniques, c’est un état d’esprit nouveau qui l’habite. "Il a besoin d’être challengé. Son plus gros ennemi, c’est lui-même. Comme il a beaucoup de facilités, il peut s’installer dans une certaine forme de confort. Mais au pied du mur, il sait se remettre en question." Un constat qui s’étend à tout l’effectif bleu : avec un vivier plus dense que jamais et à tous les postes, les places sont chères et la dilettante interdite. Les performances s’en ressentent, désormais acharnées. Plus rien n’est cadeau : pour marquer des points aux Bleus, à l’approche des lignes, il faut désormais se faire mal.

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