Lyon, à bout de souffle

  • Josua Tuisova a inscrit un essai qui aurait pu être synonyme de bonus. A droite, Quentin Lespiaucq.
    Josua Tuisova a inscrit un essai qui aurait pu être synonyme de bonus. A droite, Quentin Lespiaucq. Icon Sport
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Bien partis puis plombés par une conquête défaillante, les lyonnais croyaient avoir fait le plus dur jusqu’à ce que leur indiscipline en fin de match les oblige à concéder le nul.

Était-il possible de mieux débuter un match à l’extérieur que le firent ces Lyonnais, en menant 10-0 dès la troisième minute après un coup de pied de Léo Berdeu, et surtout une interception chirurgicale sur 50 mètres de Charlie Ngatai lisant à livre ouvert une première combinaison paloise après touche ? Évidemment pas, et il faut convenir que ce petit pécule ne fut pas de trop. Parce qu’au vrai, une victoire rhodanienne semblait à la fin de la première période devoir relever d’un petit miracle, au vu d’une conquête clairement défaillante. On parle ici d’une mêlée globalement dominée et surtout un alignement en perdition, déréglé et malmené au point d’égarer quatre ballons en route. Trop, beaucoup trop dans un championnat aussi serré que le Top 14 lorsqu’il s’agit d’aller chercher un succès à l’extérieur, dans des conditions météorologiques humides qui plus est…
 

Bonne adaptation en touche


Et pourtant ? Contrairement à ce à quoi on pouvait s’attendre, les coéquipiers de Baptiste Couiloud ont rectifié le tir, faisant preuve en l’espèce d’une jolie capacité d’adaptation. D’abord en limitant la casse en mêlée, (grâce à l’entrée en jeu d’un Hamza Kaabèche épatant sur les mêlées disputées à 7 contre 8), puis en prenant le dessus en supériorité numérique, pendant l’absence sur carton jaune de Luke Whitelock. Mais surtout en rectifiant le tir en touche grâce aux consignes délivrées par Julien Puricelli dans les vestiaires, qui incita ses hommes à sauter en intention dans les zones laissées volontairement libres par les Palois en début et milieu d’alignement, où les deuxième ligne Rodda et Geraci se taillèrent la part du lion.
 

Trois essais à zéro passe


La morale de cette histoire ? Elle est tout simplement qu’une fois leurs petits soucis de conquête réglés, les Lyonnais purent alors enfin appuyer sur l’accélérateur et faire valoir leur puissance physique supérieure, à l’image d’un Demba Bamba toujours aussi dynamique, d’un Mathieu Bastareaud dominateur dans les regroupements ou d’un Joshua Tuisova qui ne fait probablement pas beaucoup pour la promotion d’un rugby d’évitement dans les écoles de rugby, mais demeure diablement efficace et intimidant dès lors qu’il touche un ballon… Pas de quoi faire lever les foules de leur siège, on vous l’accorde, mais on ne saurait leur en faire le reproche à la lumière des jauges sanitaires imposées dans les stades ! Le rugby en 2020 est ainsi fait, qui donne trop clairement l’avantage à la défense pour qu’on s’insurge de voir des équipes se contenter d’occuper et de marquer des essais à zéro passe. Venus en Béarn pour effacer la défaite subie à Gerland en ouverture du championnat contre le Racing 92, les Lyonnais faisaient tout bonnement le job, sans tambours ni trompettes mais avec rigueur et professionnalisme. Du moins, le croyait-on…
 

Deux cartons jaunes de trop


En effet, alors que la victoire semblait leur tendre les bras, les Rhodaniens eurent la mauvaise idée de retomber dans leur péché pas si mignon : l’indiscipline. Et si l’infériorité numérique subie à la fin de la première mi-temps s’était avérée sans conséquence, les expulsions temporaires de Sobela puis Kaabèche (respectivement les 9e et 10e de la saison, « record  » du Top 14) furent celles de trop, privant en moins de dix minutes le Lou d’une possible victoire bonifiée, jusqu’à devoir concéder le match nul à la dernière minute du match…

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