Une pilule si dure à avaler pour Castres

  • Mathieu Babillot comme souvent a été très précieux dans le jeu au sol et dans le combat mais n’aura pas pu empêcher la défaite des siens contre l’UBB.
    Mathieu Babillot comme souvent a été très précieux dans le jeu au sol et dans le combat mais n’aura pas pu empêcher la défaite des siens contre l’UBB. Icon Sport
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Quelle tristesse pour les Tarnais, malgré le soutien des joueurs hors du groupe, regroupés comme dans un kop, ils ont échoué d’un cheveu.

On a tellement aimé Pierre-Antoine, devenu Pierre-Fabre, un chef-d’œuvre de stade à l’anglaise intégré en pleine cité. On craignait de le voir ainsi dénudé par cet abominable confinement et puis, on s’est pris au jeu. La proximité de la pelouse avec les tribunes a sauvé les meubles. On s’est nourris du bruit des chocs, des éclats de voix, les fameux quolibets entre joueurs qui parfois, dégénèrent en échauffourées. Et ces joueurs du CO non inscrits sur la feuille de matchs qui remplacent les membres des kops mis aux arrêts domiciliaires par le virus.


Ils étaient entre vingt et vingt-cinq assis devant nous et, durant 80 minutes, ils ont fait le boulot, donnant de la voix pour transmettre de l’énergie à leurs collègues et si possible, mettre un peu de pression sur le corps arbitral. Les « oubliés », les « ménagés » ou les « blessés » de l’effectif professionnel auront au moins trouvé dans ces mesures de huis clos, le moyen de peser à leur façon sur le déroulement des matchs. Ils sont les supporters de ceux qui n’ont plus de supporters. On a donc senti les vibrations de ce match électrique à travers leurs réactions. Ils y ont cru jusqu’au bout, ils pensaient avoir décroché le pompon avec les essais de Combezou et de Nakosi.


On imagine qu’ils ont savouré les enchaînements de qualité de leurs potes, assez loin finalement de l’image du Castres âpre et rugueux. Non pas que les Castrais n’aient pas chèrement vendu leur peau dans les regroupements, non pas que les quolibets n’aient pas fusé par-ci par-là, mais ils auront finalement autant attaqué que les Bordelais, et même avec plus de vitesse en première mi-temps, ce qui à la pause, leur donnait les faveurs des pronostics des pensionnaires de la tribune de presse. À se remémorer les péripéties de la rencontre, on se dit que les Castrais ont passé quatre fois la ligne, dont trois fois sur des jolies séances de passes. Mais l’œil impitoyable de la vidéo les crucifia par deux fois. Finalement, cette défaite à la maison doit beaucoup à une certaine fatalité, comme une projection des malheurs qui frappent la société.

C’était le sens du discours de Mauricio Reggiardo : « Oui, nous avions fait le plus dur, revenir dans le match après avoir été menés de dix points. On savait que cette équipe de l’UBB, très costaude était celle qui marquait le plus d’essais en fin de match. On avait repris le contrôle, et puis, il y a eu ce ballon aux quarante mètres qu’on a mal géré… (allusion à la chandelle hasardeuse du demi de mêlée Arata qui offrit une pénalité aux Bordelais). Le verdict n’est pas juste, mais la vie n’est pas juste. Tout ce que je sais, c’est que si on continue comme ça, on va gagner d’autres matchs… » A bien y réfléchir, était-ce une fatalité ou erreur tactique ? « Vous savez, chaque ruck était un combat très rude. Gérer le chronomètre, garder la balle en faisant des petits tas, c’était aussi une prise de risque… ».

Dans les coulisses, commençaient à se répandre la rumeur des propos incendiaires de Thomas Combezou sur l’arbitrage, mais son coach, pas une fois, ne se réfugia dans la critique de l’arbitrage, malgré son évidente déception. (idem pour Babillot et Nkinsi). Dans la froideur de ce stade plombé par le confinement, on y vit une vraie manifestation de classe.

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