Interview décalée - Baille : « On n'est rien du tout, en fait... »

  • Gabin VILLIERE of France and Cyril BAILLE of France during the training session of France at Centre national de rugby on October 28, 2020 in Marcoussis, France. (Photo by Matthieu Mirville/Icon Sport) - Centre National du Rugby - Marcoussis (France)
    Gabin VILLIERE of France and Cyril BAILLE of France during the training session of France at Centre national de rugby on October 28, 2020 in Marcoussis, France. (Photo by Matthieu Mirville/Icon Sport) - Centre National du Rugby - Marcoussis (France) Icon Sport - Icon Sport
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Et si on parlait de tout, sauf de rugby ? Cette semaine, le pilier des Bleus Cyril Baille succède dans cette rubrique à Gaël Fickou et raconte sa claustrophobie, ses premières missions militaires, le cauchemar du sketch de « la Palombière » et le contexte de son premier flirt.

Quel est votre surnom ?

À Marcoussis et au Stade toulousain, on m'appelle « Cissou ». En famille, c'est plutôt « Cyrilou ». Gaël Fickou, lui, m'appelle « le gros ». Il paraît que c'est affectueux, dans sa bouche...

Quel était votre rêve de gosse ?

Je voulais être soldat. Le monde de l'armée me faisait rêver. Quand j'étais môme, mon père se rendait parfois à la base militaire de Tarbes (Hautes-Pyrénées) et me ramenait les rations des soldats. Moi, je partais ensuite en mission dans la forêt, je m'inventais des histoires. Mais je rentrais toujours à midi : les plats de maman étaient meilleurs que les rations militaires, en fait...

Le rugby est arrivé quand ?

Assez tard. Petit, j'avais quelques soucis de santé et ma mère avait peur pour moi.

Pourquoi ?

J'avais des bouchons dans les oreilles : il a fallu passer par des opérations, des cures, tout un tas de trucs... Au début, j'ai donc démarré par le foot. Mais balle au pied, je n'étais pas hyper doué...

Votre plus grosse « connerie » d'enfant ?

Je m'engueulais beaucoup avec ma sœur, à l'époque. Un jour, pour lui faire peur, j'ai voulu lancer une pierre dans sa direction et j'ai trouvé le carreau de la cuisine, qui s'est évidemment brisé... Mes parents étaient furieux....

Quelle est la pire vanne qu'on ait faîte avec votre nom de famille ?

« T'es fatigué ? Ça baille ? »

Vous dansez ?

En petit comité, ça m'arrive. Mais je n'aime pas trop me donner en spectacle.

Quel est votre plus gros défaut ?

Je n'ai pas confiance en moi. (il réfléchit) Je pense que ça remonte à l'enfance, en fait : à cause des bouchons qui obstruaient mes oreilles, j'entendais très mal et restais donc beaucoup dans mon coin, à l'époque.

Votre compagne exceptée, avec qui aimeriez-vous rester bloqué toute une nuit dans un ascenseur ?

Je ne sais pas... Mais je ne souhaite à personne de rester bloqué dans un ascenseur avec moi. Je suis claustrophobe et ne prends l'ascenseur que si j'y suis vraiment obligé... en me disant pendant tout le trajet qu'il va rester coincé ou pire, tomber dans le vide à tout moment. Un voyage en apesanteur avec moi, ça peut-être très long...

Interview décalée - Baille : « On n'est rien du tout, en fait... »
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Quelle fut la plus grosse bagarre de votre vie ?

Je ne suis pas un gros bagarreur, moi... Mais quand j'ai démarré le rugby à Lannemezan, il nous arrivait de nous chauffer un peu. C'étaient des bagarres de jeunes, quoi. Ça moulinait plus qu'autre chose. Il n'y avait jamais de victime...

Quel fut votre pire moment de honte ?

J'ai connu mes premières sélections en équipe nationale en 2016. À cette époque, il m'a donc fallu passer par le rituel d'initiation. Les mecs du groupe France nous avaient demandés, à Arthur (Iturria) et moi, de réfléchir à un sketch puis de le jouer face à eux. (il porte les mains à son visage) Putain, j'en ai pas dormi pendant toute une semaine. Il fallait que je joue un truc devant trente types que je badais.... J'avais peur d'être ridicule...

Verdict ?

Une catastrophe... Un vrai flop. Avec Arthur (Iturria), on avait décidé de partir sur le sketch de « la palombière » : dans la salle, personne n'a ri.

Quel est votre film culte ?

J'adore l'acteur irlandais Liam Neeson. : j'ai vu tous les « Taken ». J'aime aussi les films de Denzel Washington, Will Smith. Il faut que ça bouge, quoi...

Quel livre avez-vous sur votre table de chevet ?

Pendant le confinement, je me suis pris de passion pour l'astronomie. J'ai donc acheté plusieurs bouquins sur les galaxies, la formation de la lune, le « big bang », l'extinction des dinosaures, la vie sur terre, tout ça... (il marque une pause, reprend) Vous saviez par exemple que la lune a été formée après une collision entre la terre et une météorite ?

Non, mais c'est toujours bon à savoir...

Ces sujets me fascinent. Et puis, ça permet de prendre du recul. La terre a cinq milliards d'années : on n'est rien du tout, en fait...

Vous souvenez-vous de votre premier flirt ?

Oui. Un petit bisou aux fêtes du village, un soir de bal. Rien d'extraordinaire, quoi...

Y a-t-il un témoignage de supporter que vous n'oublierez jamais ?

Au printemps 2017, je me suis lourdement blessé (rupture du tendon rotulien, N.D.L.R.). Dans la foulée, j'ai reçu, au club, plusieurs lettres de la part d'un supporter du Stade toulousain : il me demandait des nouvelles, me disait de garder l'espoir, des choses comme ça... Cette personne avait pris du temps pour m'écrire et j'ai trouvé ça beau. C'était de la bienveillance pure.

Si vous étiez président de la République, que changeriez vous dans le pays ?

Mes parents m'ont appris à rester à ma place. Je me contente donc d'être rugbyman. Je laisse les gens qui en ont les compétences diriger le pays.

Êtes-vous superstitieux ?

Oui, comme tout le monde. J'accumule beaucoup de stress, j'ai du mal à dormir la veille d'un match important... Je traîne cette angoisse depuis toujours : même en Cadets au Stade toulousain, j'avais une telle peur d'être mauvais que je ne dormais pas.

Les rituels vous rassurent, en fait ?

Oui, c'est ça... Je fais les choses dans un ordre immuable : je démarre la musique dans le bus, je l'éteins au moment où je rentre dans le vestiaire : puis je marche autour de la pelouse avec « Toto » (Dupont) et Julien Marchand. Une fois que tout ça est fait, je suis prêt à jouer.

Êtes-vous religieux ?

Je crois en Dieu, oui. Une partie de mon corps est d'ailleurs recouvert de tatouages à connotation religieuse. [...] Je ne vais pas à l'église mais je prie beaucoup : j'ai besoin de savoir que quelqu'un veille sur ma famille.

Avez-vous déjà fait un pèlerinage ?

J'ai souvent été à Lourdes. Je m'y sens bien : partout, il y a cette énergie, l'espoir dans les yeux des gens... C'est puissant...

Quel est l'endroit sur terre où vous vous sentez le mieux ?

Dans la maison de mes parents. Ils vivent à la campagne, à Avezac (Hautes-Pyrénées). Le matin, tu te réveilles face à la chaîne des Pyrénées. C'est à la fois sublime et reposant...

Quel est le fait d'actualité vous ayant le plus marqué, ces dernières années ?

Cette crise sanitaire liée au Covid est quand même terrible... Le pays est à l'arrêt, des gens meurent, des familles sont dans la peine...

Si vous deviez participer à une émission de télé-réalité, quelle serait-elle ?

Aucune... C'est assez surfait, tout ça... Un truc qui me tenterait davantage, à la télé, c'est Koh Lanta : tu pousses les limites, tu apprends à te dépasser... Ce jeu, c'est une autre façon de se dépasser. Mais bon...

Quoi ?

Tôt ou tard, je serais rattrapé par la faim.

Quel est votre plus gros « craquage » ? Une voiture, une maison, des fringues ?

J'aime faire plaisir aux gens que j'aime. Je gâte beaucoup les petits de ma sœur. Je les gâte tellement qu'elle m'engueule...

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